Trump en poseur de bombes: Le Maroc s’accroche à un tweet sans…suite

Il est connu que la Constitution américaine accorde les pleins-pouvoirs au président américain en matière de politique extérieure et de reconnaissance des États et donne même le droit de reconnaître la souveraineté d’un État sur des territoires donnés.

Cela étant établi dans un cadre conforme au droit international, mais cette constitution Américaine donne – t- elle au président sortant Donald Trump le droit de proclamer par décret la reconnaissance américaine de la souveraineté du royaume du Maroc sur le Sahara occidental inscrit au niveau de l’ONU comme territoire non encore décolonisé ?

En effet, la Quatrième commission de l’ONU à l’issue d’un débat général sur la décolonisation lors de sa soixante-quinzième session, au titre du point 61 de l’ordre du jour concernant la mise en œuvre de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples a réaffirmé le droit inaliénable de tous les peuples à l’autodétermination et à l’indépendance conformément aux principes énoncés dans la Charte onusienne et la résolution 1514 de l’Assemblée générale du 14 décembre 1960.

Cette décision Américaine ne constitue-t-elle pas une violation flagrante de la charte des Nations unies et des textes fondateurs de l’Union africaine ?

Ne freine -t- elle pas les efforts de la communauté internationale visant à trouver une solution pacifique au conflit entre la République sahraouie et le royaume du Maroc ?

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a affirmé la position inchangée de l’Organisation mondiale sur le Sahara occidental après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur ce territoire, a déclaré jeudi son porte-parole Stéphane Dujarric.

Le prochain président américain Joe Biden prendra ses fonctions le 20 janvier 2021. Peut-il revenir sur la décision de Donald Trump sachant que les États-Unis ont apporté leur soutien en octobre au renouvellement du mandat de la Minurso ?

En effet, proclamation ou décret présidentiel, selon leur objet, n’ont pas nécessairement force de loi et peuvent être, en principe, retoqués par la Cour suprême ou le Congrès.  Joe Biden peut-il donc, en vertu des mêmes pouvoirs, retirer cette proclamation de reconnaissance ? Logiquement, il peut reconnaître son contraire.

Quelle que soit sa position l’opinion internationale est témoin qu’un deal transactionnel est établi entre cette reconnaissance et l’établissement de relation diplomatique entre le Maroc et Israël.

Selon le New York Times, l’homme d’affaires Yariv Elbaz a joué les intermédiaires entre Rabat et Washington depuis 2017 pour parvenir à un accord sur les deux questions de façon concomitante.

Le quotidien américain révèle même un bonus lié à ce deal relatif à un projet d’investissement américain au Maroc à hauteur de 3 milliards de dollars, dans les secteurs bancaires, touristique et énergétique.

Deux questions fondamentales se posent : Par cette décision, les Etats Unis en tant que membre fondateur de L’ONU vont-t-ils piétiner la charte de cette organisation onusienne ?

Le Maroc va-t-il s’obstiner à ignorer les résolutions de l’ONU et les efforts de la communauté internationale ? Assure-t-il les conséquences de cet acte ?

A bon entendeur…

Docteur Rafik Alloui

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