Tout le monde se tait: Gaid Salah, seul au micro !

Un discours tous les Mardis.  Deux messages successifs ces deux derniers jours ! Gaid Salah est seul à parler ! A assumer aussi !

Il donne cette image d’un décideur qui a entre ses mains toutes les commandes et le seul habilité à tracer le schéma de l’avenir .

A ce rythme , le Général efface de fait tout le monde et concentre tous les pouvoirs à son niveau . Il est en charge de la sécurité du pays et se livre aussi à l’exercice politique qui le propulse en  chef d’État , porte parole du pouvoir , porte parole du peuple , chef de la diplomatie et même ministre de l’économie quand il évoque notamment les difficultés qui s’annoncent à la veille du mois de ramadhan .

Il est vrai que la complexité de la situation a recommandé au gouvernement de Bedoui de se tenir loin des feux de projection , d’essayer de s’effacer le temps pour Gaid de poursuivre son oeuvre de séduction et d’absorption de la colère populaire .

La même attitude semble adoptée par le chef d’État Bensalah qui préfère de son côté la voie des limogeages à la tête de certaines institutions ou grandes entreprises susceptibles d’avoir un impact sur l’intérêt des masses populaires . Il s’eclipse totalement.

Personne n’est pour l’instant habilité,  voire autorisé à s’adresser au peuple . Tel semble être le mot d’ordre . Le Général  rappelle avec insistance le lien de confiance qu’ il entretient avec la population tout en soutenant ses revendications .

Il se place sous cet angle de psychologie de partage des soucis et des préoccupations qui en appelle au sens de l’alerte guerrière dans laquelle bien entendu seule l’armée peut s’avérer apte à manoeuvrer .

Gaid Salah dans ses messages renvoie surtout la belle image d’un général qui se trouve en pleins pourparlers d’un côté avec le peuple  son allié de l’heure et de l’autre côté des forces qui résistent au nom des sombres coins de la constitution devenue , curieusement, plus que sacrée en ces temps de crise .

Le chef d’État major s’engage donc au nom du peuple. Il promet d’être le garant pour son salut et ses intérêts.  Mais contre qui ?

Tous les vendredis , les Algériens dont se revendique le Général soutiennent un message mille fois réitéré . Il est clair et sans équivoques : Le départ de Bensalah  et Bedoui ainsi que l’instauration de règles démocratiques pour une période de transition sans les hommes de Bouteflika .

Le Général qui assure être  sans le moindre embarras  » constitutionnel  » le garant d’une justice sans pressions, encourage les magistrats à accélérer la cadence pour juger tous ceux qui ont dilapidé l’argent public . Des mesures censées répondre aux attentes populaires !

Un cadeau du Général pour un peuple en colère ! Sauf que ce dernier veut une justice capable de commencer par un début objectif,  un début logique et légitime .

Celui qui recommande de viser la tête arrogante de ceux qui ont été les architectes de l’ere de la gabegie et de la corruption légalisée . Toute l’ère de Bouteflika !

Par où devra commencer le travail de la justice ? Nous ne sommes plus dans l’interrogation d’avant qui consistait à dire : jusqu’ où ira la justice ?

Le peuple de l’après 22 février réclame un commencement honnête et sincère . Tels que se présentent les dossiers des oligarques arrêtés sur un fond de spectacle mal réfléchi, ce  sont surtout des effets s’annonce que l’on enregistre et qui produisent de l’appréhension quant aux objectifs recherchés .

Objectifs politiques surtout . Les Algériens cherchent à découvrir le vrai sens de la justice qui puisse être rendue au nom de ce même peuple qui connaît l’identité des coupables et dont il donne les noms tous les vendredis .

Une justice libre de commencer là où le dicte la nécessité . Et non à partir d’un point choisi .

Karim A

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