Sans campagne ni discours: Bouteflika compte sur son passé

Abdelaziz Bouteflika dont la candidature à sa propre succession n’est plus un mystère ( sauf peut être pour lui) ne fera pas campagne. Il n’en a pas besoin. Son bilan ainsi que toutes ses » réalisations  » plaident en sa faveur .
En alignant ces arguments pour expliquer l’effacement physique du candidat Bouteflika dont il reconnaît la maladie , le premier ministre laisse entrevoir la couleur de la campagne qui sera menée par les partis alliés en faveur du cinquième mandat. Bouteflika en 2014 déjà était malade et  » le peuple a voté pour lui  » donc le scénario est appelé à être reconduit , selon le premier ministre qui souligne que la constitution ne l’empêche pas de se porter candidat. A la limite , Ouyahia aurait pu  » jeter » la responsabilité de cet énième mandat sur ceux qui ont voté pour le président au 4 ème mandat le sachant pourtant malade. Bien entendu le premier ministre n’ira pas jusque là. Il use néanmoins d’insinuations codées : En laissant entendre que les mêmes conditions de 2014 ( état de santé du président ) sont reconduites en 2019 . Autrement lu, un précédent a été créé en 2014 .
Donc autant assumer 2019! En fin conférencier Ouyahia surfe sur des vagues qu’ il connaît de très près , lui que le système a façonné pour finir par en être un acteur majeur. Il est dans son élément presque naturel pour considérer de son point de vue le caractère constitutionnel d’une candidature frappée d’une incapacité avérée pour raison de santé. Abdelaziz Bouteflika annoncera donc dans les jours prochains sa candidature officielle . Il ne le fera pas de vive voix. Une lettre lue par un de ses privilegiés , suffira à revêtir le caractère solennel de sa candidature .
Le reste du parcours, campagne et discours , voire mêmes les sorties , sera sous- traité par l’équipe gouvernementale qui n’a pas attendu le moment officiel pour se mettre à la besogne. D’ici là se posera également l’interrogation majeure quant à l’épreuve de prestation de serment que Bouteflika devra faire obligatoirement , voire conformément à la constitution et ce dans le cas où il gagne son cinquième mandat . A moins que là encore , la procuration pour le serment sera de mise en recourant aux services vocaux d’un assistant improvisé.
Sauf si une fetwa venue de quelque zaouiya et qui validerait le serment de 2014 entrait en jeu pour étendre la validité de celle ci et la déclarer licite sans limite de temps.
Abdelkrim Alem

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