Samir Bouakouir, Conseiller du premier secrétaire du FFS : « il n’est pas question que l’institution militaire se retrouve seule face au peuple ».

Conseiller du premier secrétaire du FFS, Samir Bouakouir, s’est longuement attardé dans un entretien au site électronique La Patrie News, sur la récente rencontre d’une délégation du Front des Forces Socialistes, avec le président de la République Abdelmadjid Tebboune, initiées dans le cadre des consultations avec les partis politiques.

Prenant part donc à ces rencontres, le plus vieux parti de l’opposition, a demandé que des mesures d’apaisement soient prises.
« Nous demandons en effet que des mesures d’apaisement soient prises en urgence. Mais pas seulement ça. Il faut absolument récupérer tous ces espaces qui sont aujourd’hui occupés par les extrêmes et les extrémistes. Il faut laisser s’exprimer les voix patriotiques et démocratiques dans le pays. Il faut ouvrir les champs médiatique et politique et lever les entraves à l’exercice des libertés fondamentales », détaille Samir Bouakouir.

Pour lui, il faut arrêter de harceler les gens pour un simple post sur les réseaux sociaux.
Et là, le conseiller du premier secrétaire du FFS, parle des individus qui « portent atteintes aux intérêts de la nation ou qui collaborent avec des parties étrangères hostiles à l’Algérie ».

Pour cette catégorie de gens, affirme-t-il, il faut communiquer, et fournir des preuves à l’opinion publique.
« C’est là que réside l’essentiel du message transmis par notre délégation au président de la République. Notre pays doit cesser de naviguer à vue. Il a besoin d’un projet clair et viable. Il nous faut un vrai projet politique. Pour ce faire, il nous faut mobiliser toutes les élites dont dispose le pays. Une vision prospective de cinq à dix ans est également nécessaire » soutient-t-il dans son entretien à La Patrie News.

Un président à l’écoute

Samir Bouakouir s’est également félicité de l’attention que portait le chef de l’Etat aux questions soulevées par la délégation du FFS. «Le président a été très à l’écoute, et très attentif. Notre délégation, d’ailleurs, est celle qui est restée le plus longtemps avec lui. D’après les échos que j’ai eus, elle a duré près de deux heures et demi. Les deux parties ont donc eu le temps d’échanger. L’intention du président semblait perceptible. Nous avons senti beaucoup de disponibilité auprès du président. Mais, pour nous, seuls les actes comptent. Le président était très ouvert sur toutes les questions abordées, a en effet relevé le Conseiller du premier secrétaire du FFS.
Lors de cette même rencontre, il a été également question de la tenue d’élections ; quoi que pour le partit d’Aït Ahmed, cela ne représente pas du tout une priorité.

« Avant la tenue d’élections, il faut que les conditions politiques soient réunies. Notre délégation a avant tout exprimé son inquiétude sur la tenue dans la précipitation d’élections anticipées alors que le pays connait une défiance et des tensions extrêmes. Voilà pourquoi il faut apaiser les tensions et permettre la tenue d’élections dans un climat serein », explique-t-il.
Abordant la question de la dissolution de l’APN, Samir Bouakouir affirme que rien n’empêche la dissolution d’une assemblée « tant décriée et à raison puisque le chef de l’Etat peut recourir aux ordonnances ».

« Mais je persiste à dire qu’envisager des élections sans avoir pris des mesures fortes de nature à rétablir la confiance dans notre pays, c’est prendre le risque d’aller vers un échec et donner des arguments à ceux qui veulent nous imposer des « modèles transitionnels » inspirés de l’idéologie néolibérale et qui visent à démanteler l’Etat social », a-t-il soutenu.

« Nous sommes de ceux qui pensent que l’on peut construire ou reconstruire à partir de ce qui existe déjà. Nous sommes contre l’idée de tout détruire pour espérer reconstruire. C’est jouer avec le feu », a-t-il insisté.

L’institution militaire, une « ligne rouge » .

Pour le FFS, comme beaucoup de formations politiques,  il n’est pas question que cette institution (militaire) se retrouve seule face au peuple.
Or, a-t-il ajouté, c’est ce que veulent et cherchent à obtenir certains.
« Certes il est nécessaire de critiquer, de punir et d’isoler ces individus qui ont terni l’image de l’armée. Mais il n’est pas question de prendre cela comme prétexte pour tirer à boulets rouges sur l’institution militaire elle-même. Nous sommes foncièrement contre les attaques qui ciblent l’armée en tant que telle. Pour nous, c’est une ligne rouge », dit-il plus explicite.

Pour Samir Samir Bouakouir, l’unité nationale est également une ligne rouge.
Il est suicidaire, à ses dires, « de chercher à affaiblir notre armée alors que des menaces sérieuses pèsent sur le pays ». « C’est tout simplement de l’irresponsabilité. Nous rejetons donc toutes les campagnes qui prennent pour cible cette institution ainsi que l’unité nationale. En revanche, il est grand temps de s’atteler à la construction d’institutions fortes et de permettre la constitution de médiations politiques, syndicales ou associatives autonomes pour neutraliser l’action de ces forces antinationales qui poussent vers l’affrontement direct entre l’armée et le peuple », analyse le Conseiller du premier secrétaire du FFS.

Y.O

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