Présidentielles aux sombres couleurs: Le jeu de positions!

Franche et tranchante, la position du mouvement Mouwatana se révèle des plus intéressantes dans ce climat politique d’avant élections. En prônant une démarche singulière qui consiste à s’opposer à un 5 ème mandat , le mouvement Mouwatana se refuse de cautionner  » une mascarade  » à laquelle seraient conviés les candidats et les électeurs. La position « tactique » de cette organisation qui regroupe des personnalités engagées pleinement pour une réelle refondation du système politique tente de bousculer le régime en le mettant face à sa responsabilité historique .

Pas question de servir de lièvre , Mouwatana affute ses armes et prévient qu’ il s’en remettrait au peuple dans le cas où le président Bouteflika se porterait candidat à sa propre succession . Message on ne peut plus clair ! Ce qui semble agréer l’option du boycott de Ali Benflis et de Louiza Hanoune qui a pour sa part manifesté son inquiétude pour le pays en affirmant clairement qu’ elle s’opposait  » personnellement  » à une participation au scrutin , même si , précise t elle , son parti aura à trancher cette question et qu’ elle respectera la décision qui en découlera. Madame Hanoune n’est point convaincue pour ne pas dire qu’ elle est parfaitement hostile à une candidature dans les conditions actuelles du scrutin.

Dans le flou , les lièvres connus ont fait leur réapparition. Fawzi Rebaine, pour AHD 54 , Belaid pour le parti El Moustakbal ou encore Abderrezak Mokri . Outre les lièvres, en attendant le lion embusqué, les « souris » sont de la partie, du moins dans la phase de retrait des formulaires de candidatures qui a vu un défilé de parfaits inconnus , des citoyens en quête d’audience et d’écrans, prétendant à leurs droits constitutionnels d’afficher leur ambition présidentielle. Du pur burlesque à l’insolite , des candidats se sont improvisés dans des rôles dignes d’une comédie cinématographique , laquelle, ne serait pas totalement étrangère à la nature des scrutins malheureux que connaît le pays depuis longtemps deja .

Plus sérieuse et pesant par son caractère  » chevaleresque  » la candidature de Ali Ghediri a l’avantage de convoquer une curiosité du citoyen lambda qui voit en l’attitude rebelle de l’ex général un motif d’intérêt . Le « brave » général qui veut souffler le vent du changement surgit d’un néant politique pour suggérer une rupture tant espérée , gagne de précieux alliés au sein de la société civile et se positionne tel un révolté contre le système.

Celui qui aurait pu profiter d’un statut de privilégié mais qui n’aurait pu résister à l’appel du devoir . Sa tâche sera dure sur le volet communication car il aura à faire un la démonstration sur sa sincérité devant le doute reconnu de l’Algérien face à tout ce qui emanerait du militaire. Suspendu au positionnement intrigant de Bouteflika, qui n a toujours point affiché ses intentions , connu pour son goût du suspense et de la tactique, jouant sur le temps et ne surgissant qu’ après avoir consommé l’arme psychologique de l’attente, le schéma actuel que renvoie le paysage d’avant scrutin repose autour d’une cinquième candidature du président. La dernière heure, la dernière minute peut être sera choisie par le président pour faire son annonce .

Probablement une annonce par procuration. Retrait avec les honneurs dans  » l’intérêt suprême du pays  » . Ou une énième candidature « au nom de la continuité. Stabilité et progrès. En réponse surtout aux appels insistants du devoir  » . Les arguments seront trouvés pour justifier l’une ou l’autre des options , l’essentiel étant une sortie pour l’honneur ou une continuité pour le devoir .

Ce n’est qu’ à partir de la décision de Bouteflika que la scène nationale pourrait être mieux éclairée. En partie du moins. Bouteflika annonçant son retrait ne signifiant guère la fin d’un système, ce dernier fonctionnant sur le long terme avec l’avantage des leviers de commande entre les mains pourrait produire à tout moment , un candidat de substitution revêtu de la couverture des partis affiliés et nourris au plus haut sommet de la pyramide. Celle dont la hauteur symbolise l’éloignement de la base populaire .

Abdelkrim Alem

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