L’exposé de Bensalah et le sourire de Poutine : l’ingérence choisie…

L’initiative est venue du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah.

C’est lui qui a demandé l’entrevue avec le président russe, Vladimir Poutine afin de le ” rassurer sur la situation en Algérie. Situation que nous maîtrisons parfaitement malgré ce que tentent d’exagerer les comptes rendus imprécis des médias ” .

Sur la vidéo qui circule sur le net où l’on voit la retransmission par la chaîne russe ART Arabic des échanges entre les deux chefs d’États, on aperçoit Bensalah qui se lance dans un exposé dont le contenu travaillé, était censé réduire l’ampleur de la crise du pays.

Face aux explicatifs de Bensalah, le président russe laisse esquisser un sourire servi avec un regard à un moment clé de l’entrevue, qui n’a aucunement échappé à l’analyse des internautes algériens .

Et c’est justement au moment où Bensalah déclare à son interlocuteur ” nous maîtrisons la situation en Algérie ” que Poutine laisse son sourire se …répandre .

Les internautes se sont arrêtés sur ce point précis qu’ ils ont largement commenté avec colère, indignation et parfois même une rage de ” voir l’Algérie se retrouver dans une position humiliante ” puisque selon ces analystes avisés du net ” il s’agit de l’honneur du pays .”

Et “pourquoi devrions nous inviter les russes à s’immiscer dans nos affaires ?” s’indignent les commentaires.

Bensalah s’étalera sur les détails , accable les médias et fait état de ” quelques éléments qui sortent manifester chaque semaine ” . Pour le chef de l’Etat par intérim, les centaines de milliers d’algeriens qui sortent crier leur colère et leur rejet des élections ne sont plus que ” quelques individus ” .

Les internautes se révoltent devant une telle réduction et cette “flagrante comptabilité politicienne ” d’autant que Poutine dispose des images et vidéos fournies chaque semaine par ses propres services afin d’avoir une idée réelle et fiable sur l’ampleur de la mobilisation populaire, relèvent les commentaires sur Facebook.

D’autres ont vu dans cet échange, une tentative maladroite de Bensalah d’appeler la russie à la rescousse et de la faire adhérer à la feuille de route rejetée par une bonne partie de la population.

D’ailleurs , fait remarqué, par les analystes du net, Poutine donnait l’impression de ne pas trop vouloir s’engager dans l’exposé de Bensalah.  L’attitude du président russe montrait celle d’un homme contraint par les règles protocolaires à écouter sans pour autant souscrire à ce que Bensalah voulait présenter .

Ce dernier s’efforcera de suggérer à son interlocuteur que ” nous sommes arrivés à la dernière étape de notre plan et de la voie tracée pour régler la crise . De concert avec les acteurs de la société civile et des personnalités politiques nous avons mis en place un dialogue et une instance pour organiser les élections du 12 Décembre . Le processus est à sa dernière phase ” .

Dans ce sommet Russie-Afrique , beaucoup ont noté la place perdue de l’Algérie qui réalise pourtant pas moins de 5 milliards de dollars d’échanges avec la Russie.

Et Bensalah, comme le lui reprochent avec force arguments les internautes n’aura pas pu réussir le challenge de rehausser l’image de l’Algérie.

Bien au contraire, il s’est mis dans une posture de faiblesse qui ne correspond guère au poids historique du plus grand pays d’Afrique .

Et c’est là raison de la colère des algériens qui y ont également vu ” un appel à l’ingérence russe dans les affaires internes du pays” .

ABN

 

 

 

 

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