Le système veut se maintenir dans l’illégitime par la stratégie de la manipulation: trop tard, dit le peuple

  Par Dr Rafik ALLOUI

Un coup de force a été exercé lors de la tenue du Conseil national de la révolution réuni à Tripoli (CNRA2) en mai 1962 pour mettre en place des mécanismes de transitions afin  d’asseoir un Etat démocratique et populaire qui devrait ouvrir la voix aux différentes tendances jusque-là fusionnées dans le FLN à s’organiser en partis politiques et pratiquer une vie démocratique.

Ce coup de force qualifié de coup d’Etat sur la légitimité donnée par le peuple lors de la révolution au CNRA et au GPRA, a mis en place un système illégal qui a appliqué plusieurs stratégies dans le domaine de la théorie de la manipulation pour se maintenir au pouvoir.
Ces stratégies connues par les 10 stratégies de manipulation de masse, de Noam Chomsky comme la distraction, considérée l’une des stratégies de manipulation de masse la plus récurrente, le problème – Réaction – Solution, la gradualité, le différé, infantiliser le public, recourir aux émotions, créer des publics ignorants, promouvoir des publics complaisants.

La majorité de ces stratégies ont été appliquées chez nous avec en plus des élections où les résultats sont déterminés à l’avance. Tout cela pour que le système se maintienne dans l’illégitime, malgré la tentative vite avortée d’imposer une alternance au pouvoir dans la constitution de 1996.
Aujourd’hui encore les stratèges du système puisent dans leur savoir faire en matière de manipulation pour contenir la révolte populaire du vendredi 22 février 2019 et qui se poursuit pour le quatrième vendredi avec une revendication claire et nette et qui ne souffre d’aucune ambigüité : non au cinquième mandat de Mr Bouteflika, non à ses propositions et non à tout le système.

Les manifestants pacifiques , du jamais vu dans le monde, ceux  du dernier vendredi 15 mars 2019,estimés à plus de 22 millions dans toute l’Algérie ont démontré au système que désormais aucune stratégie de manipulation ne peut les contenir pour la simple raison que leur confiance est au point zéro.
Les 22 millions dans les rues à travers tout le pays sur une liste électorale estimée par le ministère de l’intérieur à 22, 8 millions, veulent dire en clair qu’il s’agit-là d’un véritable referendum exercé par le peuple à ciel ouvert où le NON à Bouteflika, à ses propositions et au système en entier l’a remporté avec 100% du suffrage exprimé.
Cette fois-ci l’urne à ciel ouvert a dit la vérité pas comme les urnes dans les bureaux de votes habituellement truquées. Cette volonté populaire exprimée clairement, enlève définitivement toute « légitimité truquée » que le système s’est donnée depuis 57 ans.

De ce fait, la décision du peuple est sans appel. Les débats que nous voyons quotidiennement sur les plateaux de télévisions ou au niveau des partis de l’oppositions pour soit-disant imaginer une sortie de crise sont inutiles. Il y a deux issues à cette crise :

1/ accepter la revendication du peuple et là le processus est clair : l’Algérie a une grande expérience vécue en 1992 avec la démission de défunt Chadli où des instances de transitions ont été mises en place à tous les niveaux suivies d’une élection présidentielle, législative et locales. Une seule condition est requise cette fois ci : éviter les erreurs commises concernant le choix rigoureux des éléments appelés à faire fonctionner ces instances de transition.

2/ Comme je l’ai souligné dans mon précèdent article,  que, scientifiquement prouvé, une crise a sept étapes chronologiques et qu’actuellement, la crise dans notre pays est au point quatre, c’est à dire la phase d’impacts où l’organisation subit les contrecoups de la crise.

Si L’aveuglement volontaire et l’arrogance du système persistent nous allons fatalement arriver au point six et sept c’est-à-dire la phase ou la crise se dégénère pour engendrer une sur-crise où il y aura plusieurs alibis pour sa destruction par la force et la répression.

Encore fois, c’est une nécessité et un devoir patriotique de tout le monde avant qu’il ne soit trop tard, et surtout de notre armée nationale populaire, seule institution constitutionnelle qui jouit de la confiance du peuple, pour être non seulement l’obstacle pour empêcher la crise d’arriver aux points suscités, tant souhaité par les ennemis de notre pays, mais garantir la mise en œuvre d’un plan de sortie de crise à même de satisfaire la revendication populaire.

 

Dr Rafik ALLOUI
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