Le gouvernement valorise la science et la recherche: la valeur et les objectifs, stratégie à définir…

Conformément à loi n° 20-01 du 30 mars 2020 fixant les missions, la composition et l’organisation du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a présidé au siège du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la cérémonie d’installation du professeur Mohamed Tahar Abadlia, en tant que président du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies (CNRST).

 

A noter que le professeur Abadlia a occupé plusieurs postes au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, d’abord en qualité de recteur de plusieurs établissements universitaires à l’instar des universités de Blida, Boumerdes et Bouira, puis secrétaire général de ce même ministère.

 

En somme, ce choix est judicieux car le professeur Abadlia réunit une triple expérience : En matière de recherche en possédant plusieurs travaux scientifiques, en matière de gestion pédagogiques et enfin en matière de gestion administrative.

 

Toutes ces qualités qualifient hautement cette personnalité à gérer cet important organisme.

En effet, cela s’inscrit dans le cadre du parachèvement de l’édifice institutionnel du système national de la recherche scientifique et des Technologies, composé de la loi d’orientation sur la recherche scientifique et le développement technologique et du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies.

 

L’installation de ce conseil présage une importance accordée à la recherche scientifique dans le développement socio- économique de notre pays, mais la question qui se pose : Le problème des choix scientifiques et techniques ne doit-il pas être renvoyé à celui des objectifs économiques et sociaux que se donne notre pays ?

Monsieur le premier ministre indique que cela « s’inscrit dans le cadre du programme de monsieur le Président de la République et du plan d’action du gouvernement, en soulignant l’importance des missions qui lui sont assignées, notamment dans le domaine de la définition des grandes orientations de la politique nationale de recherche scientifique et de développement technologique. »

 

Il a en outre évoqué l’importance d’entamer une réflexion « sur les modalités pratiques à même d’adapter la recherche scientifique dans notre pays aux nouveaux enjeux technologiques, comme il a insisté sur « l’importance de renforcer la relation entre l’Université, les entités de recherche et le secteur économique et social », est-il ajouté .

Si on s’en tient à la déclaration de monsieur le Premier ministre nous constatons que les priorités futures en matière de science et de technologie de ce conseil scientifique ce sont des objectifs de la science proprement dite, et ne sont pas adaptés au type de développement mis en place.

Il est connu à travers le monde, que l’effort de recherche-développement n’est jamais qu’un outil au service d’autres objectifs que la science proprement dite, et ce sont ces objectifs là qu’il importe de prendre en compte.

En d’autres termes, ce qu’une société veut faire à partir de la science et de la technologie relève, en dernière instance, de ce à quoi elle attache de la valeur.

Quelle sont donc les valeurs à laquelle la société Algérienne devrait être attachée ?

 

La réponse est évidente : ce sont les valeurs attachées à son indépendance politique et économique.

Pour atteindre cet objectif le programme du gouvernement doit mettre à contribution le conseil national scientifique pour produire des travaux de recherches scientifiques dans les domaines :
– Des recherches en transitologie qui est l’étude du processus de changement d’un régime politique à un autre, notamment d’un régime autoritaire vers un régime démocratique pour asseoir une véritable démocratie à même de faire naitre une Algérie nouvelle libre et démocratique à laquelle aspirent tous les Algériens,

– Des recherches en technologie agricole pour une auto-suffisance afin de mettre fin à l’hégémonie étrangère et diminuer la dépense annuelle de plus de 8 milliard de dollars,

– Des recherches pour la substitution de la rente pétrolière sur laquelle compte notre économie à  98% par l’Energie solaire dont dispose en abondance notre pays.

Et enfin des recherches dans le domaine de la relance du tourisme, travaux déjà effectués sur la base de réflexions et propositions.

 

Ces valeurs doivent être à mon avis les missions prioritaires du conseil national scientifique qui vient d’être installé.

Toutes les autres missions relatées dans la loi et sa promulgation,  Viennent ensuite en appui.

Jean-Jacques Salamon conclut sa recherche très intéressante intitulée « science, technologie et développement le problème des priorités » : « Le changement technique et la technologie elle-même constituent un processus social dans lequel individus et collectivités font des choix déterminant l’allocation de ressources très rares.

Il y a un proverbe qui dit : « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. »

En politique de la science et de la technologie, on peut en retrouver un écho : « Dis-moi ce que tu cherches, je te dirai ce à quoi tu tiens.

A bon entendeur…

Docteur Rafik Aloui

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