L’armée maintient ses positions: schéma non négociable !

Alors que des initiatives de sortie de crise tentent de se frayer un chemin dans le brouillard, après la récente réunion de pas moins de 7 partis politiques dont le RCD, le FDS , le PT entre autres, appelant à une action plus large et concertée en vue d’assoeir une démarche commune, l’institution militaire réitère ses positions de principe et les présente comme non  négociables .

Cette semaine, l’armée a parlé 3 fois . Le haut commandement par la voix de son chef , à partir de Bechar où il était en mission d’inspection , le général Gaid Salah a dressé dans un premier discours un véritable diagnostic profond de la situation du pays.

Economie, sécurité, justice , lutte contre la corruption , politique , toutes ces questions ont été soulevées .

Un État des lieux dramatique résultant d’une gestion chaotique et à la limite criminelle dénoncée par le général qui a tenu dans son discours à faire une sorte de mea culpa de l’institution qu’ il dirige .

En effet, il fait savoir que durant toutes ces années où , les hauts responsables de l’armée étaient concentrés sur le développement et la modernisation de l’institution militaire, les responsables politiques de l’époque Bouteflika préféraient abuser de leur position en violant les lois de la république pour dilapider les deniers de l’Etat.

Ces responsables ont trahi le serment et trahi leur conscience, laisse entendre le général pour lequel, il est impératif d’éradiquer le fléau de la corruption, désormais hissé au rang de priorité, préalable à toute avancée .

D’ailleurs , soutient le raisonnement du général , la relance économique passera après le nettoyage du paysage de ces réseaux de corruption , justifiant de ce fait l’accélération des poursuites judiciaires à grande échelle.

Gaid Salah, réitère la responsabilisation de la justice qui doit désormais porter son regard librement, sans considération de rang ou de statut, en direction de toute personne qui serait soupçonnée de malversation.

Aucune limite ou pression ne sauraient être évoquées , selon le général qui tente de livrer un message clair à l’institution judiciaire engagée dans cette lutte contre la corruption .

Ceci est une réponse aux revendications exprimées par la population qui appelle à sanctionner les hauts responsables rendus coupables de détournements , mentionne le général qui suggère que l’institution militaire demeure à l’écoute de ces préoccupations .

Au volet politique , aucune modification de contenu ni de ton . L’armée rejette catégoriquement toute idée de transition ou de recours au gel de la constitution qui privilègie la mise en place d’une constituante.  Gaid Salah considère cette solution comme une voie dangereuse en ce qu’ elle peut engendrer comme vide constitutionnel, porteur de risques sur la stabilité du pays .

La position de l’armée tranche en faveur d’un dialogue avec seul objectif , l’organisation des presidentielles dans les meilleurs délais .

Sans détails et sans en specifier les contours , Gaid Salah demeure intraitable sur cette vision qu’ il inscrit au registre de l’obligation constitutionnelle . Il appelle les acteurs de la societe civile et les partis politiques à demeurer dans ces imites constitutionnelles .

En clair, l’exclusion du traitement politique de la crise comme réclamé par le mouvement populaire est franchement décidée .

Quelle solution intermédiaire pourrait-elle de dégager pour concilier deux visions opposées qui continuent à s’exprimer depuis plusieurs semaines alors que le pays s’enfonce davantage dans la crise ?

Wahib A

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