La problématique partisane et l’éthique politique

 

Les deux conditions essentielles d’une transition démocratique c’est lorsqu’ un gouvernement dispose d’un pouvoir souverain pour générer de nouvelles politiques publiques, et c’est quand les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires n’ont pas à partager le pouvoir avec d’autres corps de droit.

C’est ce que cherche finalement le Hirak depuis plus d’une année.

Comment arriver à assurer ces deux conditions puisque le président de la république et le gouvernement sont en place ?

Pour répondre à cette question, Linz et Stepan ont bien identifié les cinq parties qui doivent nécessairement participer à mettre en œuvre une transition par le bas.

La première concernée est la société politique.

La deuxième est la société civile.

Le troisième est le concept de l’État de droit.

Le quatrième est l’État lui-même.

Le cinquième est la société économique.

Je me permets de donner mon point de vue sur le rôle de chaque partie quant à sa participation dans la réalisation d’une transition démocratique consolidée par le bas.

Je commencerai par la première concernée qui est la société politique. Il s’agit des acteurs qui ont l’ambition de conquérir le pouvoir.

Les partis politiques forment la pierre angulaire de la société démocratique et assument, plus que toute autre institution, une fonction représentative dans une démocratie.

Le rôle d’un parti politique consiste à rassembler et à représenter les intérêts sociaux, servant ainsi de structure pour la participation politique.

Les partis politiques servent également de lieux de formation pour les responsables politiques qui, tôt ou tard, assumeront un rôle au sein de la société gouvernante.

En outre, ce sont les partis politiques qui participent aux élections dans le but de les remporter afin de gérer les institutions gouvernementales.

Pour ce faire, Les partis politiques doivent à mon avis s’organiser au plus vite pour tenir une conférence.

L’objectif consiste en particulier à renforcer la capacité des partis politiques algériens de tous bords afin de  jouer un rôle positif et constructif pendant la transition et au-delà.

Cette conférence s’inscrit dans la trajectoire de l’objectif spécifique à court terme à savoir, renforcer la capacité des partis politiques à participer efficacement au dialogue, en augmentant les chances d’une transition qui soit aussi bien inclusive que crédible.

 

Les représentants des partis pourront se retrouver autour de la même table pour échanger des questions pratiques relatives au programme envisagé pour le dialogue sur les processus constitutionnels et électoraux, les processus de négociation et les stratégies d’aboutissement au consensus, les stratégies de communication, et la participation d’autres partis sous-représentés.

 

Pour réussir cette conférence il faut s’engager sur les principes suivants :

1-La nécessité d’un médiateur qui bénéficie de la confiance de toutes les parties en négociation. Pour être crédible, il doit être neutre, indépendant et ne pas s’attendre à un profit personnel quelconque.

2-L’engagement de chaque partie de privilégier l’intérêt supérieur du pays et une disposition à faire des concessions en vue d’un consensus profitable à tous.

3-Privilégier les négociations sur le fond au lieu de maintenir des positions figées émises dès le départ.

4-La bonne foi à travers le respect de la parole donnée et l’honnêteté.  Cette bonne foi évite la remise en cause des concessions faites auparavant.

5-Faire en sorte que le consensus se concrétise par un cadre juridique pour assurer le suivi des décisions adoptées.

Nous insistant sur le fait que cette série de conditions n’est pas exhaustive,

Par ailleurs, des ateliers peuvent être mis en place lors de cette conférence à savoir :

Le premier atelier pourrait porter sur le processus de négociation, consensus et le dialogue.

Il s’agit à mon avis de répondre aux deux questions essentielles :

– Quelles sont les conditions et les garanties nécessaires pour une bonne négociation pouvant conduire à un consensus durable en Algérie ?

– Comment créer ces conditions et ces garanties ?

Le deuxième atelier pourrait porter sur les processus constitutionnels et les réformes électorales. Il s’agit de répondre à la question suivante :

Dans quelles conditions un processus constitutionnel a-t-il les chances d’aboutir et de permettre la solution d’une crise politique?

Le troisième atelier pourrait être sur la participation d’autres partis sous-représentés, il est question de réfléchir sur comment susciter ou favoriser l’implication équitable des partis politiques sous-représentés dans le processus de transition démocratique ?

 

Le quatrième atelier pourrait être sur l’éthique politique. Il s’agit de négocier un code de bonne conduite sous forme de document.

Le code de bonne conduite constitue des règles adoptées par la classe politique auxquelles doit adhérer toute la communauté nationale.

Il vise à créer une culture de l’éthique politique dans notre pays.

A bon entendeur.

Docteur Rafik Alloui

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