Entre son programme et ses hommes: le casse tête de Tebboune

 

Dans sa dernière sortie lors de la rencontre gouvernement-walis, Abdelmadjid Tebboune a usé d’un discours franc et encore une fois il s’est montré particulièrement bien informé de la situation qui demeure inchangée dans ces contrées de l’Algérie profonde.

La verité même livrée de la part du premier responsable du pays est-elle toujours bonne à dire?

Que dira le citoyen lambda, cet algérien totalement démuni, quand le président de la république , du haut de ses pouvoirs avoue l’existence de forces de résistance qui persistent à agir pour entraver tout le processus de développement, si cher à Tebboune?

S’il convient de retenir l’honnêteté de ce que revèle le président , il serait tout aussi honnête de conclure qu’il y a ici une défaillance dans la démarche des équipes du président. Équipes qu’il a choisies.  Et dont il est comptable…

Reconnaitre la capacité de nuisance de ceux que l’on dénonce sans pour autant les identifier consiste aussi à conceder l’idée d’une certaine vulnérabilité qui handicape la politique des pouvoirs publics.

Cela ne peut être que,  source ‘d’inquiétude et d’interrogations.

Comment conclure avec conviction à l’existence de blocages et d’actes de sabotages sans être en mesure d’en situer les auteurs ?

L’Etat n’en a-t-il pas les moyens?

Cela équivaudrait egalement à soutenir que la puissance de frappe des saboteurs est plus forte que l’action du gouvernement.

En optant pour le discours de verité sans detours, Tebboune gagne probablement le respect des uns , mais perd certainement cette assurance qu’il est censé susciter auprès de ces populations en faveur desquelles il investit toute sa détermination pour les sortir de cette misère sociale.

Le message du président pourrait être perçu tel un signe de faiblesse quant à la vulnérabilité de ces institutions dont il est attendu qu’elles soient à même de répondre aux attentes des citoyens , notamment ceux des zones de grandes misère en faveur desquels Tebboune s’investit pleinement . Il a fait le pari de les arracher définitivement à cette détresse sociale.

Serait-il donc incompris par ses propres collaborateurs qui auraient manqué d’appréciation sur le niveau de sensibilité que marque le président quant à son attachement maintes fois réitéré d’en finir avec cette extrême détresse qui frappe toute une population enclavée dans des zones soumises à l’oubli?

A-t-il failli dans sa vision de relance ou dans le choix de ses hommes?

Scrutée sur tous les plans, la feuille de route du président est une clé de sortie . En théorie . Et il serait malhonnête intellectuellement d’affirmer  le contraire , notamment dans son volet économique et ce en dépit des critiques pouvant parfois être apportées sur certains aspects.

Sauf que dans les  conditions actuelles de son application , elle pèche par  l’absence de ce travail de proximité et d’efficacité dont il etait attendu de voir un début  d’espoir chez ceux qui continuent à peupler ces  » zones d’ombres ».

Un programme de développement est d’abord une affaire d’hommes et de dévouement.

Les autres formes de zones d’ombres, celles qui bloquent le progrès  sévissent hélas partout . Et elles sont plus nefastes quand elles s’offrent des leviers de commandes…

Karim. A

 

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