De la responsabilité efficace des cadres de l’Etat: Mode opératoire pour une optimisation des objectifs

À l’ouverture des travaux de la rencontre gouvernement-walis, qui s’est tenue le 12 aout 2020, consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre des orientations du président de la République,le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune a affirmé que dans certaines wilayas, ses orientations et les décisions prises par le gouvernement ne sont guère exécutées.

Pourquoi cette situation qui augure un dysfonctionnement total dans les rouages de l’Etat ?

Pour le président de la République, ces dysfonctionnements ne sont pas fortuits. « Ce sont des blocages volontaires », affirme-t-il.

Comment mettre fin à ce dysfonctionnement ? Comment responsabiliser les hauts fonctionnaires sur leurs résultats et renforcer ainsi la confiance que leur accorde l’Etat ? Comment éliminer le blocage volontaire ?

Est-ce possible dans le système d’évaluation actuel de notre pays ?

 

Il est clair que non, étant données l’instabilité des hauts fonctionnaire sde l’Etat et l’absence de la notion scientifique de « performance »qui n’occupe pas une place prépondérante dans tout débat consacré à la gestion publique en Algérie.

 

Dans le système actuel de notre pays, c’est en général le décideur qui nomme et qui évalue lui-même la politique dont auront la charge les cadres de son choix. Cette pratique apparaît critiquable à deux titres au moins :

D’abord, elle ne garantit pas l’objectivité de l’évaluation, ensuite, d’un point de vue pratique, les agents chargés de l’évaluation manquent en général de formations et d’outils de base qui leur permettrait de réaliser une évaluation suffisamment précise pour constituer ensuite une source d’inspiration de la prise de décision.

 

S’agissant des hauts fonctionnaires exerçant au niveau des collectivités locales : quelles formules axées sur la performance contribuent le mieux à faire en sorte que ces personnels répondent aux normes fixées en la matière ?

 

La réponse se répartit en deux grandes rubriques pour lesquelles il faut prendre des mesures immédiates :

modalités de nomination, de promotion,maintien en poste du personnel compétent, et méthodes de gestion prévoyant la définition d’objectifs précis liés à des critères de performances généraux pour le secteur public.

En premier lieu, Il s’agit d’abord de définir et appliquer un statut pour le corps des walis a l’effet d’encourager ces commis de l’Etat à assurer pleinement, en toute neutralité et sans crainte de sanctions arbitraires leurs missions de représentants de l’Etat.

 

Ce statut permettra également de définir tous les mécanismes de nomination, de révocation, de mutation, de progression de carrière de manière claire et explicite, de nature à sécuriser les représentants de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions.

Ce cadre règlementaire consiste à définir les droits et obligations des walis et les cadres dépendant de ce corps, afin de permettre d’éviter toute mise à l’écart des walis sans apporter de motivation valable et que, de la même façon, les walis ne puissent demander la révocation de leurs fonctions un secrétaire général, un chef de daïra,et autres directeurs de l’exécutif sans justifications.

 

L’impact attendu de cette mesure permet aux représentants de l’Etat d’assumer leurs responsabilités en toute connaissance, dans le strict respect des prérogatives qui leurs sont dévolues.

 

Un tel cadre garantirait surtout d’assurer une neutralité dans l’exercice de leur fonction au service de l’Etat et non au service d’un pouvoir occulte influant et agissant sur leurs carrières pour susciter les blocages volontaires à l’effet de déstabilisation.

 

En seconde lieu, il est établi scientifiquement que le système d’évaluation de la performance permet de mettre en valeur la main d’œuvre productive et expulser les imperfections du rendement de la ressource humaine.

 

Le terme signifie généralement que l’évaluation des résultats et l’amélioration des mesures d’incitation à l’intention des individus ou des organismes sont en quelque sorte réunies dans le cadre d’un même processus : la « Gestion des performances » issues des méthodes du management publics.

Cela englobe l’ensemble des procédures mises en œuvre pour définir et mesurer les réalisations, et pour les relier aux mesures d’incitation ou aux sanctions appliquées par un supérieur hiérarchique tels les contrats plans conformes à la direction par objectif (DPO) et à la gestion budgétaire conforme à la loi organique des lois des finance(LOLF).

 

L’efficacité de l’évaluation de la performance dépend pleinement de la nature de l’activité cœur qui devra être transformée en objectifs bien mesurés en fonction de temps dévolu.

Les objectifs fixés qui devront être scindés en horizontal et en vertical selon les catégories socioprofessionnelles pour lesquelles les objectifs doivent être déterminés en plus bas niveau.

Ces deux mesures que l’Etat doit prendre sont les seuls moyens de faire exécuter les orientations du président de la république et du gouvernement et éviter tous blocages volontaires.

A bon entendeur…

Docteur Rafik Alloui

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