Crise politique : Manipulations autour d’un projet démocratique

Par Docteur Rafik Alloui

En 1989, Bronislaw Geremek, un des artisans de la chute du communisme en Pologne, disait : «Notre liberté est acquise, notre démocratie est incertaine.»

Les transitologues aiment à dire que « la démocratie est consolidée lorsque se réalise un cycle des alternances. En fait, elle ne sera consolidée que si elle donne aux citoyens la certitude qu’elle leur permet d’influer sur leur destin. »

Certes, le peuple Algérien a acquis sa liberté des griffes de la bande à Bouteflika qui l’a étouffé pendant 20 ans sur tous les plans, politique économique et sociale, et ce grâce à sa mobilisation pacifique depuis le 22 février 2019 ; mais est-ce que c’est suffisant pour donner à ce peuple la certitude d’influer sur son avenir par une réelle démocratie ?

La réponse est certainement sur le terrain en ce trente deuxième vendredi. Ce peuple réclame toujours cette garantie et cette certitude de pouvoir peser sur l’avenir de son destin.

On affirme haut et fort c’est derniers temps, que ce sont  les résidus de la bande « issaba » qui continuent à manipuler le hirak malgré que l’on ait donné toutes les garanties relatives à l’élection présidentielle fixée pour le 12 décembre 2019 qui doit être organisée, et contrôlée par une instance indépendante.

Cela est peut-être vrai, les résidus de la « issaba » continuent d’agir non seulement contre l’armé qui a depuis le départ soutenu le hirak, mais contre l’Algérie toute entière, par obéissance à leurs maitres de toujours animés par une haine historique, mais ne leur a-t-on pas donné l’occasion ?

La réponse est sur le terrain encore une fois : chaque vendredi, et tant qu’on n’a pas mis ce peuple en confiance quant à l’avenir de son Algérie libre et démocratique, les résidus de la « issaba » continueront de saisir l’occasion de nuire.

Une série de questions que je me pose en tant qu’intellectuel : Qu’est ce qui aurait empêché Monsieur Bensalah de démissionner au terme de son mandat de 90 jours prévus par l’article 102 et choisir une autre figure du conseil de la nation ?

Sa reconduction dans le poste de chef de l’Etat intérimaire n’est-il pas contraire à la constitution?

Qu’est ce qui aurait empêché la démission du gouvernement Bedoui et la remplacer par un gouvernement de technocrates ?

Ce n’est pas certainement l’article 104, puisqu’on a démis un membre de ce gouvernement en l’occurrence le ministre de la justice.

N’a –t-on pas mis énormément de temps avant de mettre en place l’instance indépendante des élections ?

Cette instance si on avait respecté la procédure de sa mise en œuvre par une loi promulguée par l’APN déterminant la mission et le profil de sa composante aurait pu mettre en confiance le hirak.

Le panel de dialogue qui a fait le travail législatif à la place du parlement, n’aurait-il pas pu être un organe de concertation pour une réforme constitutionnelle afin de sortir avec un consensus sur l’avenir du pays ?

Le futur président élu, donne-t-il à lui seul la certitude à ce peuple de pouvoir peser sur son avenir ?

 Autant de questions qui mettent des doutes sur une démocratie incertaine.

Mais il n’est jamais trop tard si on veut mettre un terme à la crise politique qui secoue le pays depuis plus de sept mois: les solutions et les compétences existent dans ce pays.

A bon entendeur

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