Ces ministres qui ont raté leurs discours…

Cinq bourdes monumentales ont été commises par des ministres dans notre
gouvernement .
Il s’agit du ministre du commerce, du ministre de la jeunesses et des sports par deux fois, du ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique et de la secrétaire d’Etat chargée des sports d’élites.
Kamel Rezig ministre du commerce a déclaré qu’un marché des dattes sera réalisé dans la wilaya de Ouargla pour une meilleure organisation de la commercialisation de ce produit provenant des régions dans le Sud du pays.
Cette déclaration a provoqué un tôlé général des habitants de la wilaya de Biskra
via les réseaux sociaux dénonçant cette décision qui prive leur région
historiquement, qualitativement et quantitativement connue par ce produit.
Sid Ali Kaldi ministre de la jeunesse et des sports a de son côté déclaré : «Nous allons construire un Etat conforme à la déclaration du 1er Novembre, un Etat démocratique et social dans le cadre des principes de l’islam.
Pour la première fois depuis l’indépendance, nous avons constitutionnalisé la Déclaration du 1er novembre et le hirak populaire. Et celui qui n’est pas content n’a qu’à changer de pays ».
Cela a provoqué une réaction massive contre ces propos qualifiés de grave dérapage par celui qui est censé mobiliser les électeurs pour participer massivement au référendum sur le projet de la révision de la Constitution,
présenté comme un des principaux chantiers du président de la république Abdelmadjid Tebboune.
L’autre bourde commise par un ministre du gouvernement est l’œuvre encore une fois de Sid Ali Khaldi ministre de la jeunesse et des sports.
En visite à Bejaia, il  a fait une déclaration pour le moins surprenante.
Dans un village perché sur les hauteurs d’Akbou à l’ouest de Bejaia, M. Khaldi a dit à un citoyen : « Je suis venu ici et je n’ai pas peur. Il y a des gens qui ont peur d’aller dans ce genre de régions ».
Sa déclaration peut prêter à confusion :  les officiels ont-ils peur de venir dans cette région ? serait-il le seul à avoir eu le courage ?
Après avoir annoncé le recrutement d’un grand opérateur pour former les journalistes dans la lutte contre les fakenews, Brahim Boumzar ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique s’est déplacé dans la grande ville de l’Ouest, où il a fait cette déclaration>: « On est à Oran pas au Sahara », a-t-il dit pour calmer les opérateurs de téléphonie mobile, qui se plaignent de rentabilité pour connecter une nouvelle cité au réseau mobile et à internet.
Vexés, des Algériens habitant dans le Sahara ont dénoncé les propos de Boumzar.
Certains internautes sont allés plus loin en les qualifiant de racistes.
Salima Souakri, championne de judo, et secrétaire d’Etat chargée du Sport d’élite depuis le dernier remaniement ministériel opéré en juin dernier,  a pour sa part déclaré que les sportifs d’élite ont le droit d’avoir un salaire supérieur à celui du médecin.
« Ces sportifs d’élite ont des avantages supérieurs à ceux des médecins», a-t-elle dit encore, ce qui n’a pas plus aux médecins et a provoqué un mécontentement général au sein de la corporation.
De pénibles exercices non convaincants pour tenter de s’expliquer ont été publiés par les
auteurs de ces bourdes via les réseaux sociaux, mais la plus surprenante concerne celle relative aux  habitants de la wilaya de Biskra .
 On a voulu signigier qu’il y a eu une mauvaise interprétation des propos du ministre du commerce : il s’agit en fait de comprendre le mot en arabe « souk watani a
Ouargla et non Al souk al Watani » (Quand il y a le AL devant le mot en arabe
le sens personnifie le lieu ).
Ce qui veut dire qu’il pourrait y avoir un marché national à Ouargla comme il pourrait y avoir un autre national à Biskra.
S’agit-il de deux nations différentes ?
A ce que nous sachons le terme national concerne tout le territoire d’une nation.
L’adage arabe dit : rouba 3outhrin a9bahou nin thanb (l’excuse  pour justifier une faute est parfois pire que la faute elle même).
Que dire de ces bourdes commises par des hommes politiques?
Ils ne sont autres que des dérapages qui ne devraient pas exister en temps normal.
Que dire alors de les avoir dans ces moments délicats que traverse notre pays?
À bon entendeur…
Docteur Rafik Alloui

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