Candidature de Bouteflika à sa propre succession: Qui cherche à installer le doute?

Pour une fois les adeptes invétérés d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika ne sont pas sur la même longueur d’onde . La présidence au long cours telle qu’ils la conçoivent est en train de laisser place au doute . A l’hésitation et parfois au repli. Manoeuvre réfléchie ? En tous cas entre l’assurance solenelle du secrétaire général du FLN d’il y a quelques semaines et ses récentes sorties il y a un air de recul .

Une révision des ambitions et des ardeurs qui sonnent comme, rappelées à l’ordre . Fortes en enseignements, du moins sur le plan des lectures , les sorties de Djamel Ould Abbes ont le mérite de fournir une bonne matière analytique sur certains secrets de la haute sphère. A lui seul ,et sûrement à son insu , il représente un baromètre pour un état des lieux des plus complexes . A le suivre depuis le début, il y a sans l’ombre d’un doute , une réorientation à la baisse dans le discours.

Désormais , il mesure son appel et celui de son parti pour un cinquième mandat. Fin des assurances ou juste une tactique de circonstance ? Si au départ Ould Abbes déclarait Bouteflika comme futur président sans équivoques, à la condition bien entendu , rappelle t il que ce dernier daigne accepter de poursuivre sa mission, le changement de ton,est vite apparu dans les dernières sorties. On parle cette fois d’un président qui sera issu du FLN.

Ceci est la dernière et fraîche manoeuvre du secrétaire général du vieux parti.  Pourquoi un tel changement de ton et qui a dicté cette mesure de pseudo prudence par laquelle on tenterait de cesser de faire dans le triomphalisme anticipé ? De son côté, Ahmed Ouyahia estime que la stabilité et ,notons le bien, « la sécurité » recommande d’inviter avec insistance le président pour la poursuite de la mission. Encore faut il que Bouteflika daigne répondre à l’appel , prend on soin de souligner, comme pour entretenir le suspense .

Mais surtout pour marquer l’impératif quasi sécuritaire que constituerait un autre mandat du président Bouteflika à la tête du pays .

A l’instar du parti de Amar Ghoul , ces deux formations politiques tentent de présenter leur « demande » comme une prière dont il n’est pas sûr qu’elle se verrait exaucée. Au milieu de ces appels unis même les si les rangs se dispersent parfois , le parti de Amara Benyounes ose pour une fois une démarcation de taille. Préférant s’inscrire dans une expectative presque forcée par le fait qu’il semble largement  devancé par les courtisans traditionnels , Amara Benyounes affiche une prudence semblable à celle que dicterait une morale politique. Pour lui « nul ne doit forcer la main au président et à lui seul de juger en son âme et conscience » s’il veut se présenter à sa propre succession. Voilà qui est dit : « en son âme et conscience  » !

Benyounes ouvre la voie du doute et rejoint ainsi ceux qui estiment que la candidature de Bouteflika pour 2019 n’est pas totalement acquise.

Que cache t on donc aux  algeriens et , surtout qui est derrière la stratégie du doute ?

Et Benyounes , en homme politique avisé , en dépit de tout ce qui peut se dire émet une belle sentence . Lourde de sens . Il invite son monde , ses alliés d’hier, à « laisser tranquille le président  » en prenant soin d’indiquer que nul ne doit forcer la main à Bouteflika . Que signifie cette déclaration et pourquoi maintenant ? Dans ce climat où se fissurent quelque part les élans des soutien à un cinquième mandat , des interrogations viennent fausser les pistes sur « l’aventure » de 2019.

Abdelkrim Alem

 

 

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