Après le communiqué de l’armée: Les généraux admis au silence au long cours

Garde à vous ! Au nom de l’armée, taisez vous! Jamais l’armée nationale n’a autant communiqué. Vraisemblablement, arrachée de son mutisme par l’incertitude de l’heure liée aux prochaines présidentielles, débat tumultueux auquel ont pris part d’anciens généraux à la retraite, se positionnant clairement, l’armée nationale réagit. Avertit et menace ! En des termes choisis, elle diffuse un communiqué dans lequel le commandement des forces armées fait usage de la puissance des mots pour rappeler à l’ordre tout militaire qui se positionne publiquement ou laisse libre cours à ses lectures en rapport avec la politique, notamment les présidentielles qui s’annoncent.

Particulièrement, même si la réaction du chef d’État major sonne comme une mise en garde dont il dit qu’ elle sera suivie de l’application de la loi de 2016 laquelle astreint tout militaire à une obligation de réserve sous peine de poursuites judiciaires, Gaid Salah adresse son message au général major à la retraite, Ali Ghediri. Ce dernier, s’étant illustré par des lectures politiques livrées par voie de presse à travers lesquelles il donnera sa vision quant aux échéances électorales et l’avenir du pays . Sauf que , scruté de près, la sommation de Gaid Salah ne s’arrête pas au niveau du général Ghediri.

Le communiqué du ministère de la défense va plus loin et laisse entendre que Ali Ghediri aurait été actionné par des  » cercles occultes  » , sans autre précision si ce n’est qu’ il est rajouté que « des ambitions démesurées  » de certains seraient à l’origine de ces sorties .

Qui , en dehors du général Ali Ghediri serait visé par le chef d’État major ? Un ou plusieurs officiers supérieurs ? En tous cas , le communiqué par lequel le chef d’État major veut prendre à témoin l’opinion publique sur ce qu’ il considère comme agitation malveillante, laisse supposer l’existence de forces internes qui seraient nuisibles à la stabilité du pays .

D’où l’interrogation légitime qui s’impose quant à l’identification de ces cercles occultes présentés comme  » commanditaires  » des généraux jugés trop bavards . Y ‘aurait il des non dits dans le communiqué de ministère de la défense ? En tous cas, le dernier général qui avait ouvertement assumé son opposition au président et à la gestion politique du pays , avait fini en prison .

Le général Benhadid avait tenu des discours allant à l’encontre de la politique tracée en dénonçant publiquement l’influence de certains hommes au pouvoir tout en les accusant d’abuser de leur position qui portait préjudice au pays . Depuis, l’épisode Benhadid, aucun autre officier supérieur ne fera entendre sa voix. Même le général Nezzar qui rencontrait souvent les médias semble s’éclipser et plier à la rigueur des nouvelles dispositions sur l’obligation de réserve.

Finies donc les ‘désertions verbales  » , le général algérien est au regard de la politique , ou de la loi , c’est selon un justiciable en puissance tant qu’ il se laisse aller à des confessions que l’on aura érigées comme interdites . Le 5 ème mandat est plus fort que tout. Que tous .

Même la constitution pourrait s’y plier ! L’armée veut demeurer neutre jusqu’ au bout . Jusqu’ â la retraite. Du moins c’est le message qu’ elle veut encore une fois livrer . Quitte à sanctionner les siens .

Abdelkrim Alem

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