Véhicules d’occasion, flambée de l’Euro: le gouvernement cherche la solution

Le gouvernement est décidé à offrir ce cadeau à la population : libération de l’importation des véhicules d’occasion.  Le ministre du commerce , Said Djellab l’a confirmé ce Samedi en indiquant que lui même et son collègue des finances sont en train de travailler sur ce dossier.

Il est question de finaliser les modalités pratiques pour permettre aux particuliers d’importer ce genre de véhicules dont l’âge pourrait être de moins de trois ans .

Par ailleurs ajoute t il , le paiement devra se faire par débit de comptes devises propres aux particuliers qui devront bien entendu acquérir la devise auprès du marché parallèle.  Cette mesure est censée absorber les flux de la devise qui circulent sur les circuits informels selon la philosophie du gouvernement qui entend aussi faire pression sur les prix pratiqués par les concessionnaires domestiques impliqués dans le montage automobile.

Ainsi , selon d’autres indiscrétions , chaque citoyen aura droit d’acquérir une fois tous les cinq ans un véhicule d’occasion importé .

Le gouvernement entend aussi inviter les douanes algériennes à instaurer une tarification préférentielle afin de servir comme effet d’incitation .

Le taux douanier pourrait être ramené de 30 % à un niveau inférieur à même de maintenir le prix final du véhicule importé dans une fourchette acceptable. Quant à la TVA qui devra être appliquée dans ce cas , les autorités n’ont pas encore communiqué sur ce levier qui pourrait être un facteur de contrainte.

Les pouvoirs publics pensent agir ainsi sur les prix pratiqués par les concessionnaires locaux en les soumettant à une concurrence par le marché de l’occasion .

Terrible manoeuvre qui consiste à mettre en difficulté des investisseurs que l’Etat a lui même créés.  Il aurait être plus judicieux d’inciter ces derniers à se maintenir dans les normes tracées par les cahiers de charges qui les engagent.

Pour l’heure cette mesure qui se veut plus populiste qu’ économique aura inéluctablement un double effet sur le marché : une flambée spectaculaire de l’euro sur le marché parallèle en raison de la forte demande qui va se faire pressante et d’autre part, un renchérissement conséquent des voitures d’occasion sur les marchés étrangers qui vont réagir à la décision plutôt politique des autorités algériennes .

En réalité, l’objectif recherché par les pouvoirs publics pourrait connaître un effet boomerang au bout de quelques mois d’importations qui conduiront inévitablement à une contrainte réelle : flambée de l’euro.  A ce moment là , il sera plus intéressant  , plus économique de revenir vers le marché local .

À moins que les pouvoirs publics n’instaurent un tarif douanier de 5 % et une TVA minimale pour compenser la contrainte de change .

Attendons pour voir . L’entrée en application est prévue dans moins d’un mois, assure t on du côté du ministère du commerce.

Wahib A

Lire aussi