Une invasion du Venezuela, la surprise d’Octobre?

 Dans cette rubrique dédiée à la sélection d’articles de presse touchant à tous les aspects de la vie , politique, sociale ou économique de toute la planete, le but étant de faire partager avec vous les lectures de portée stratégique susceptibles de vous intéresser.

 

par Alvaro Verzi Rangel

En pleine recherche de sa réélection aux élections présidentielles du 3 novembre, Donald Trump pourrait ordonner une agression militaire contre le Venezuela, parrainée par les États-Unis et exécutée depuis le sol colombien.

 

Le 22 août, l’Amiral Remigio Ceballos, chef du commandement stratégique opérationnel des Forces Armées Nationales Bolivariennes (FANB), a déclaré que la Colombie prépare une agression, à laquelle le Venezuela répondra avec force et vigueur. Le Président colombien Iván Duque, au milieu d’une grave crise humanitaire, économique, financière, sociale et sanitaire, dirige le gouvernement qui a attaqué le Venezuela le plus souvent dans l’histoire.

Ceballos a également rappelé qu’en 2000, le Plan Colombie a été mis en place avec sept bases militaires américaines dans ce pays pour préparer son agression contre le Venezuela et toute la région. L’historien Samuel Moncada, Ambassadeur du Venezuela à l’ONU, a dénoncé que les organes de propagande de Washington promeuvent déjà la force multinationale d’invasion au Venezuela… Cela doit se faire avec une occupation militaire mais sans la présence visible des États-Unis en première ligne. Ce sont les armées de Colombie et d’Amérique Centrale qui feront le sale boulot.

 

Dans un autre message, il a indiqué « qu’ils recherchent la « surprise d’octobre ». Au Venezuela, nous devons nous préparer à la provocation qui s’annonce » et il a montré un fragment de l’article du site conservateur Washington Examiner où sont mises en valeur les insinuations du chef du Commandement Sud des États-Unis, l’Amiral Craig Faller, et de Phil Gunson (un espion accrédité comme correspondant étranger dans les premières années du gouvernement d’Hugo Chávez), de l’International Crisis Group, à propos d’une éventuelle invasion. Moncada a expliqué que les massacres perpétrés en Colombie sont destinés à être mis en pratique au Venezuela, sous la houlette des ambassadeurs colombiens à Washington et à l’OEA, Francisco Santos et Alejandro Ordóñez, avec l’aide des États-Unis.

 

Moncada a ajouté que Santos a suggéré que si Trump était confronté à des difficultés pour sa réélection, il devrait soutenir les mercenaires de l’opposition vénézuélienne. Santos a déclaré que « si Trump considère les élections trop difficiles, il ira au Venezuela » et a proposé des « actions secrètes » pour soutenir les mercenaires vénézuéliens. Les conditions proposées par Santos sont réunies et « nous devons nous préparer aux conséquences de son plan », a déclaré l’ambassadeur vénézuélien.

Lors d’un séminaire organisé par le Conseil Atlantique, Faller a déclaré que la clé est de savoir comment nous pouvons partager de meilleurs renseignements et comment la communauté internationale peut mieux influencer pour forcer et changer le comportement du Président Nicolas Maduro et des acteurs étatiques extérieurs, en référence évidente à Cuba, au Venezuela et à l’Iran.

 

Pendant ce temps, Faller a rencontré Duque à Bogota en compagnie de Robert O’Brien, le Conseiller à la Sécurité Nationale de la Maison Blanche, de son adjoint pour l’Amérique Latine, du Cubano-américain Mauricio Claver-Carone, le candidat de Trump à la présidence de la Banque Interaméricaine de Développement, et de l’Ambassadeur Phillip Goldberg.

 

Selon la présidence colombienne, ils ont passé en revue « les questions de sécurité, la lutte contre le trafic de drogue, la situation au Venezuela et l’immigration de citoyens vénézuéliens en Colombie ». Washington est allé jusqu’à accuser le Venezuela de trafic  de drogue alors que son principal allié dans la région, la Colombie, produit 90% de la coca commercialisée dans le monde.

Selon des sources démocratiques, Trump a consulté les chefs militaires du Pentagone sur la possibilité d’attaquer le Venezuela, directement avec les forces américaines, pour renforcer l’assaut incessant des mercenaires et des forces américaines, vénézuéliennes et colombiennes, ainsi que les blocus et la guerre économique qu’il mène contre le Venezuela, afin de s’emparer de ses richesses pétrolières et minérales. Ce qui peut influencer une telle décision – la surprise d’octobre qui chercherait à unir les Américains à leur commandant en chef – est sa chute dans les sondages pour les élections du 3 novembre.

Il y a déjà eu des tentatives d’assassinat sur Chávez et Maduro, le financement d’un coup d’État grotesque le 30 avril 2019 et une invasion manquée par des mercenaires en mai 2020, par le biais d’un contrat signé avec le Président intérimaire autoproclamé Juan Guaidó.

 

Selon une note du site mexicain LaPoliticaOnline, le Sénateur républicain Marco Rubio, de l’État de Floride, tente de convaincre le Président Trump d’exécuter une action militaire contre le Venezuela, afin d’obtenir l’approbation de la communauté latino avant les élections du 3 novembre. La plus récente réalisation de Rubio est la nomination de son ami Mauricio Claver Carone à la présidence de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), suite à la promotion de Carlos Trujillo comme Ambassadeur des États-Unis à l’OEA, et peu avant cela, la nomination d’Elliott Abrams comme chef de cabinet du Département d’État pour les affaires vénézuéliennes. « Le prochain objectif est sans doute le plus explosif : faire approuver par Donald Trump une invasion du Venezuela avant l’élection présidentielle », peut-on lire dans la note signée par le journaliste Milton Merlo, qui souligne que Rubio s’est exprimé en faveur d’une action militaire en Amérique du Sud afin d’obtenir les voix de la Floride au Collège électoral en novembre.

Cet État traditionnellement républicain est maintenant en conflit avec les Démocrates, et le Sénateur insiste sur le fait que l’invasion garantit les 29 voix du collège électoral. « Ce sont des votes clés, surtout si les Républicains devaient également perdre les 38 du Texas », ajoute le journaliste.

Source: http//estrategia.la

Traduit par: Reseau international

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