Sortie de crise et sorties sur le terrain:  Tout sauf une campagne , Ouyahia en ouverture

Encore une prouesse du gouvernement : En moins de huit mois il réussit à transformer un désastre en réussite ! Ouyahia n’a pas attendu un an d exercice pour faire son bilan . Il prend un raccourci pour faire coïncider sa conférence de presse avec la sortie printanière du président Bouteflika.

 Même si l’hirondelle de ce qui devait être un printemps de début de campagne pour les présidentielles de 2019 a cédé son envol au terrible crash de l avion militaire , Ahmed Ouyahia se présente avec un discours des plus triomphalistes avec ses annonces clefs et ses chiffres dont il veut faire un bel argument d’espoir .

 La psychologie du discours a changé en quelques mois seulement. L’heure n’est plus aux tristes chiffres et à l’alarmisme ! Tel se veut le nouveau mode de communication du gouvernement d’Ouyahia qui tente une démonstration économique hors du commun , avec un renversement de vapeur inédit, en ce sens où, laisse t’il entendre , de la quasi faillite d’il y a quelques mois , nous serions devenus aujourd hui hors de danger ! Le miracle est dans le discours et non dans les faits . Voilà qui rassure .

A un an des présidentielles, Ouyahia argumente avec une éloquence chiffrée et un tentative avérée de transparence de circonstance pour suggérer une réussite.  Un sauvetage de dernière heure. Il précisera néanmoins que l’oeuvre dont il n est que le sous-traitant désigné est à mettre sous le compte de Bouteflika.

 En soulignant avec soins que c est à ce dernier que revient le génie d avoir trouvé les bonnes formules économiques. Bien entendu , tout comme le patron du FLN, Ouyahia prend soin également de préciser que le président n a guère affiché sa volonté de se porter candidat aux présidentielles prochaines.

Il ne s’agit aucunement ici de faire l’amalgame entre un bilan positif à volonté et une campagne présidentielle . C est ce que laisse entendre le premier ministre.

Donc point de campagne anticipée ! La lecture ” innocente ” du bilan se voudrait donc comme une marque d’espoir politiquement débarrassée de toutes arrières pensées électoralistes ! La seule question susceptible d’être pertinemment posée consiste à s interroger sur le choix du timing pour une telle sortie .

Et ce choix n est rien d autre qu’une stratégie obéissant à un long processus de mobilisation des troupes appelées encore une fois à adhérer à un esprit de continuité que l on veut présenter comme gage de stabilité retrouvée.

 La sortie du premier Ministre intervenant après celle de Bouteflika sur le terrain est le signe d’un début d’une longue manoeuvre. Le président se porte bien. Son bilan économique, en bonne santé . Et un autre mandat serait celui de la stabilité.

 

Karim ALEM

 

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