Procès en appel de Ali Haddad: les sorties originales de Sellal…

 

 

Egal à lui même, l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal, amaigri et bien epuisé par son incarcération n’a rien perdu de son humour.

Il ose même raconter qu’il serait prêt à aller voter en faveur de la nouvelle constitution.

 

Dimanche  12 Octobre, deuxième jour du procès en appel de l’homme d’affaires Ali Haddad et de plusieurs responsables accusés d’octroi des privilèges indus, d’abus de pouvoir et de conflit d’intérêts .

Condamné en première instance à 18 ans de prison ferme et 8 millions de DA, l’ancien chef du FCE Ali Haddad est également visé par une enquête préliminaire sur l’affaire de transaction de 10 millions de dollars transférés au profit d’un cabinet de lobbying, ouverte par le parquet de Sidi M’Hamed.

Un procès marqué par le retour du « Ministre humoriste » avec ses déclarations originales , l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal qui a réussi comme d’habitude à provoquer les rires de l’assistance.

En prison depuis plus de 16 mois et condamné à de lourdes peines dans plusieurs affaires, l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, se défend toujours et plaide son innocence, rejette toutes les accusations portées contre lui, affirmant être « honnête » et se dit prêt « à rencontrer Dieu car (il est) innocent ».

« Ma conscience est tranquille depuis 16 mois. Je m’attendais à être honoré pour tout ce que j’ai fait mais ils m’ont conduit à la prison El Harrach.”

Evoquant son voyage aux Etats-Unis, où il a rencontré l’ex-président Barack Obama, il a révélé que ce dernier  lui a proposé un verre de vin.” Mais j’ai refusé et devant son insistance, je lui ai proposé de prendre un verre en contre-partie d’une bombe atomique à offrir à l’Algérie », il a même ajouté « je ne manque de rien à El Harrach. J’ai été atteint par le coronavirus mais je m’en suis remis au bout de 15 jours », a-t-il déclaré.

Dans ce cadre, le président de l’audience a auditionné par visio-conférence l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui se trouve à la prison de Abadla (Béchar) .

Ce dernier a expliqué, au sujet de « l’octroi d’indus privilèges » que le choix des entreprises dans le cadre des marchés publics « relève de la responsabilité du maître d’ouvrage ».

Il a ajouté que les marchés publics de gré à gré sont approuvés à l’unanimité par le Conseil du gouvernement conformément à la loi en vigueur.

Toutefois, en cas d’objection ou de réserve d’un membre du gouvernement, la décision relative au marché en question serait reportée ou définitivement annulée.

Selon les déclarations de l’ancien premier ministre, certains projets ont été accordés sans passer par le conseil du gouvernement, car ils revêtent « un caractère d’urgence » à l’image du marché de la wilaya d’Alger pour la préparation du sommet arabe (2005).

Il fera savoir qu’il a été poursuivi pour octroi d’indus avantages dans certains marchés alors qu’il n’était pas à l’époque à la tête du gouvernement, à l’image du projet de raccordement du port de Djendjen à l’autoroute en 2013.

Concernant sa condamnation pour abus de fonction et octroi d’indus avantages, l’accusé a indiqué qu’il est intervenu lors de la réouverture de la cimenterie de Djelfa en faveur d’une société chinoise et non pas pour la société du principal accusé Ali Haddad.

A une question sur les sociétés appartenant à ses enfants, Ahmed Ouyahia a déclaré qu’il s’agit de sociétés créées dans le cadre du dispositif de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) et autour desquelles il a présenté personnellement des rapports à l’ancien président de la République.

Nadi. K

 

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