Plan de relance économique: Tebboune a-t-il trouvé les hommes de la situation ?

 

Dans ce projet de plan de relance socio-économique , objet de la réunion de ce Mardi sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune, il y a un signe qui montre qu’ en hauts lieux, passée la grande panique de la crise sanitaire, la préoccupation économique reprend les devants de la scène.

Tebboune lance une course contre la montre. Cette réunion qui a regroupé les ministres dont les missions sont à caractère stratégique en la matière, notamment les finances, l’énergie , le commerce, l’industrie , l’agriculture et enfin ,  nouveauté de l’heure , le ministre des mines , penche sur l’adoption d’un schéma de relance dans un contexte difficile où la ressource financière se raréfie face à des besoins grandissants.

Le plan de relance devra être soumis pour adoption aux prochains conseils des ministres, indique un  communiqué qui a sanctionné ces travaux.

Force est de relever que l’arrivée dernièrement de Abdelaziz Khellef en tant que  conseiller aux affaires économiques de la présidence de la république,est en train de faire bouger les choses.

L’obligation  de résultats semble être adoptée désormais par Tebboune même pour les plus proches de ses collaborateurs.

 

S’il est à connotation purement économique, le récent  remaniement ministériel qui intervient d’ailleurs au lendemain de l’arrivée de Abdelaziz Khellef comme conseiller aux affaires économiques du président de la république, il y a néanmoins dans la démarche un inconvénient de taille : le procédé se voulant dicté par un impératif de correctif,produit par un flottement,   est perçu comme un signe d’incertitude après 6 mois d’exercice.

Cependant si l’ossature de l’equipe gouvernementale a été conservée par souci de stabilité et de maintien de l’élan, en gardant les mêmes ministres actifs sur des départements où ils font bouger les choses , à l’instar notamment des affaires étrangères avec un gain de points appréciable pour la diplomatie , notamment avec la reconquête d’une place perdue au niveau régional et meme mondial, le retour progressif de L’Algérie dans les agendas extérieurs etc , il y a également la confirmation donnée au ministère de la justice qui maintient sa feuille de route et enfin celui de la santé qui ne pouvait aucunement être chamboulé en pleine pandémie, le point majeur à retenir est par excellence le départ du ministre des finances, Abderrahmane Raouya.

Ce dernier qui n’a point fait ses preuves en tant que premier trésorier du pays est surtout connu pour être un fonctionnaire dédié au recouvrement et non à la production de la richesse.

Son profil se révélera incompatible avec les ambitions du président de la république qui semble avoir saisi le sens de l’urgence économique.

Il y a le feu !

Réserves de changes qui s’effritent sans possibilité de se reconstituer à moins d’un rebond miracle des cours du maître des lieux ; le pétrole.

Le président de la république veut éviter et l’endettement et la planche à billets. Il a consommé plus de 6 mois dont 3 de crise sanitaire.

En matière économique le président de la république dégage cette impression d’être celui qui fait office de super ministre en charge de ce secteur pour lequel il a sa propre vision.

Après ce travail de stabilisation politique et de réorientation des leviers sécuritaires en s’entourant d’hommes de confiance dans un contexte de tension régionale Tebboune porte désormais son regard sur la préoccupation majeure inscrite au chapitre économique et social.

Tebboune cherche des hommes qui adhèrent à sa feuille de route économique, celle qu’il n’a eu de cesse de décliner : Trouver des ressources alternatives en explorant des potentiels hors hydrocarbures .

En gros , Tebboune qui tient à contourner le FMI et ses conditionnalités , rejette toute forme d’endettement qui hypothèque la souveraineté en matière de pouvoir de décision et s’oppose donc à la solution de facilité.

A-t-il le choix ? Peut-t-il éviter au pays de tomber entre les mains de ces bailleurs de fonds ?

Autre alternative qui se présente moins douloureuse et néanmoins anti-économique même si elle prémunit le pays de toute perte de souveraineté, C’est forcément la planche à billets.  Ce piège inflationniste qui produit de la fausse richesse et dont il faut attendre un retour de flamme destructeur pour les équilibres du pays.

Tebboune affiche une troisième voie : la production  et exploitation de nouvelles richesses, les réserves minières, pour compenser le manque à gagner induit par la chute des cours du pétrole .

Il veut également compter sur les prouesses de l’agriculture dont il déclare qu’ elle a produit l’équivalent de 25 milliards de dollars, pas très loin de  la recette pétrolière .

Entre temps , il y a risque de flottement.  Un risque d’assechement de la ressource qui pourrait compromettre la solution préconisée par le président.

Time is money…

ABN

 

 

 

 

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