Ouyahia et Sellal, face à l’opinion et aux juges : la campagne et le procès…

Le temps d’un procès, unique dans les annales politico-judiciaires du pays , le tribunal de Sidi M’hamed, va être le coeur de toute l’Algérie . Voire, au delà des frontières.

Au menu , deux ex puissants premiers ministres de l’ère Bouteflika, respectivement Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal  ainsi que d’anciens ministres de l’industrie et quelques hommes d’affaires, versés dans le montage automobile, ce créneau choisi pour faire démarrer la machine .

 

Audience publique, ouverte à tous , car ” nous n’avons rien à cacher ” a récemment martelé le ministre de la justice qui a, par la suite calmé les ardeurs en déclarant que ” les caméras  de télévisions ne seront pas admises” contrairement à ce que certains pensaient.

 

Il a d’ailleurs inscrit ce début de procès public au chapitre de la transparence mais surtout  pour appuyer le principe de la volonté politique qu’ il met en avant dans la lutte contre la corruption.

Et ce “n’est qu’ une petite partie de la corruption que l’opinion va découvrir.  Et quelle corruption! ” ajoute le ministre de la justice qui veut à tout prix démontrer qu’il ne s’agit pas là de simples opérations de circonstance mais plutôt d’un engagement des plus hautes autorités du pays contre ce fléau .

 

Pour Belkacem Zeghmati, ” seul le peuple pourra ainsi juger de la compétence et de la qualité de nos juges et magistrats . L’opinion va découvrir le niveau de qualification de nos magistrats ” .

 

Programmé et ouvert à 10 jours des présidentielles controversées et en marge d’une campagne menée à huis clos par les cinq candidats au poste suprême, le procès en question est surtout vu comme un gage de bonne volonté de l’actuelle équipe dirigeante, livrant ainsi à la ” vindicte populaire ” des symboles d’un passé récent où la malversation et la dilapidation des deniers publics ont touché des pics inimaginables.

 

Soupçonnés de graves faits de corruption et de mauvaise gestion ainsi que de divers abus liés à leurs hautes fonctions, les deux ex premiers ministres seront ils assez outillés pour défendre leur passage à la tête de l’exécutif ?

Pourront ils justifier le fait que leur soient reprocheés leurs orientations du business du montage automobile avec toutes les préférences soupçonnées et  indus privilèges qu’ ils auraient accordés à certains opérateurs en violation de la loi ?

 

Qui a obeï à qui ? Et en vertu de quelle politique,  des facilités bancaires, faveurs fiscales et licences d’exploitations ont elles été accordées aux uns et pas aux autres ?

 

Attendons pour voir si le procès promet réellement de comprendre et de situer les responsabilités?

 

ABN

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