Outils de relance du Tourisme et principes de son développement: un mode d’emploi qui a fait ses preuves

Unique Algerien titulaire d’un DBA( Docteur Business Administration ) , obtenu en 2017 à l’université de Nice , Rafik Alloui développe un travail de recherche sur le tourisme et ses multiples voies d’évolution pour une optimisation plus conséquente .

 

Présentée et soutenue à l’IAE-université Sofia Antipolis de Nice par: Rafik ALLOUI

vision et objectifs de la recherche:

la finalité de la réflexion vise à proposer une nouvelle approche dans le but de doter l’Algérie d’un instrument de gestion stratégique, réalisé à partir d’une réalité locale, prenant en compte la trilogie : concept évaluation gestion, reposant sur la direction par objectifs pour démontrer que : Compte satellite du tourisme + Direction par objectifs = instrument stratégique de gestion touristique (CSTT + DPO = ISGT).

Ce travail de recherche a mis l’accent sur l’importance du compte satellite du tourisme en tant que concept d’évaluation, mais au même temps il a identifié plusieurs aspects limitant ce concept tel que :

– les discordances dans l’interprétation des définitions

– La difficulté de définir et de cerner ce qu’est exactement un touriste;

– Discordance dans le domaine d’appartenance du tourisme, est-il une industrie ou non ?

– De la difficulté de délimité entre tourisme et loisir

– Le CST n’indique pas dans quelle proportion l’hôtellerie d’un pays appartient à des résidents étrangers;

– Les profits réalisés dans des entreprises touristiques appartenant à des non-résidents et qui sont rapatriés n’y figurent pas;

Il n’indique pas dans quelles proportions la formation brute de capital fixe du tourisme (FBCF) est d’origine nationale ou importée;

– Il relate une confusion en matière de calcul de dépense totale d’un voyageur international;

– Il ne prend pas en charge toute la valeur touristique.

Ces limites pourraient être appréhendées bien sûr, grâce aux efforts consentis par l’OMT et les pays concernés.

Mais le plus important de tous ces aspects limitatifs, c’est que le CST est enfermé dans une logique trop strictement comptable et ne sert pas pour gérer une politique de développement touristique nationale.

Caractéristiques principales du CST:

le CST est donc un outil comptable parce qu’Il est conçu comme instrument de mesure des flux et d’incidences sur les autres secteurs de l’économie :

I./ ne peut être produit par l’Algérie parce que :

-1/ les comptes nationaux (CN) se basent sur les définitions et délimitations précises par contre la délimitation de l’activité du tourisme est très difficile au vu de la complexité de la relation du tourisme avec le reste de l’économie.

-2/ Les comptes nationaux (CN) ne prennent pas en charge les données des branches d’activité qui ne sont pas considérées comme telle au sens de la statistique économique d’où la mise en place des comptes satellites.

-3/Les CN ne procèdent pas aux collectes d’informations, ils se basent sur toutes les données transmises à d’autres fins d’où l’importance d’une coordination des instances qui rassemblent ces données. Cela nécessite un système d’informations très développé dont font défaut les pays en développement y compris l’Algérie.

II/ Le CST n’a pas une dimension nationale parce que :

– la complexité du tourisme en tant que branche multidimensionnelle et la complexité du produit touristique le limitent en tant que modèle qui vise un ensemble national parce que le CST envisage de façon identique toute la production touristique pour tous les pays.

III/ Le CST ne prend pas en charge toute la valeur touristique parce que :

– le produit touristique considéré ne rend pas parfaitement compte de cette valeur car il ne prend en charge que les activités “déployés” suivant la définition de l’OMT. Alors que l’exercice de l’activité touristique nécessite l’usage d’infrastructures, notamment les infrastructures publiques, dont la valeur n’apparaît pas, du moins en première approche, dans les transactions effectuées entre les touristes et la branche touristique.

De ce fait, la grille d’analyse du CST est enfermée dans une logique trop strictement comptable, elle ne sert que pour la mesure économique partielle des pays développés et ne peut être réalisée par l’Algérie vu sa faiblesse dans la collecte d’informations fiables, ni lui être utile pour gérer son schéma de développement touristique mis en place dans le cadre de son schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT 2030) considéré comme son offre. Quelle est la solution pour l’Algérie ?

Le SDAT est un plan de développement du tourisme mis en place par l’État suivant trois étapes, cour terme (2009), moyen terme (2015) et long terme (2025).

L’analyse critique du SDAT 2025 engagée par la recherche a démontré sa non-conformité avec les règles de management stratégique pour atteindre ses objectifs. Le constat négatif des 2es assises sur le tourisme tenu en 2012 pour évaluer la 1re étape 2009-2015 en est la preuve.

Les 3es assises tenues en 2015 sur le tourisme ont dressé encore une fois un constat négatif et l’Algérie continue de se donner du temps en prolongeant le SDAT à 2030.

Notre recherche a démontré que sans les méthodes de stratégie managériales, l’Algérie ne pourra pas atteindre ses objectifs dans le domaine du tourisme.

Caractéristiques novatrices et impact de l’initiative

Pour résoudre le problème, nous avons présenté un système opérationnel basé sur une démarche de management stratégique territoriale ayant pour finalité :

I/ la conception et l’implémentation d’un compte satellite de gestion touristique pour l’Algérie(CSGT) en agissant sur l’offre pour tirer vers le haut la consommation par la demande.

II/ l’instauration d’un tourisme durable en impliquant tous les acteurs dans une gouvernance territoriale.

Et cela par:

-1/ l’introduction du concept de la direction par objectif dans l’offre que constitue le SDAT comme moyen d’extraction du CST de la logique comptable dans lequel est enfermé, pour l’orienter vers une logique de stratégie managériale pour que l’Algérie puisse atteindre les objectifs d’un tourisme durable tracés dans le SDAT désormais pour 2030.

-2/ Instaurer une meilleure compréhension de l’interaction du tourisme avec le reste de l’économie, grâce à une stratégie managériale, et une bonne gouvernance du territoire pour un tourisme durable en appliquant les concepts de la DPO procédurales (contrats-plans entreprise publique et État-wilayas) et d’efficacité budgétaire( lois organiques relative aux lois des finances) dans les projets communaux et sectoriels visant l’amélioration de cadre attractif du territoire pour un tourisme durable.

La stratégie managériale et la gouvernance du territoire facilitent:

-1/ l’introduction de la méthode Top down ou descendante pour le suivi de haut en bas et la mise en place de tableaux de bord aux fins d’évaluation constante.

-2/L’introduction de la méthode Knowledge Management ou le management des connaissances pour assurer la fiabilité et la rapidité de l’information nécessaire pour la construction du CST selon le modèle de l’OMT.

Le plan d’action

Notre plan consiste à décentraliser les objectifs du SDAT par Wilaya, contrairement à sa vision régionale qui consiste à développer 7 pôles touristiques d’excellences qui regroupent chacun un certain nombre de Wilaya disposant de zones d’expansion touristiques (ZET).

Pour atteindre les objectifs tracés, nous préconisons la décentralisation des objectifs du SDAT et la mise en œuvre simultanée des deux méthodes de la direction par objectifs (DPO), procédurale et d’efficacité budgétaire par :

1- le contrat plan État entreprise publique (CPEP), et la méthode de partenariat public privé (PPP) ou contrat de partenariat ce sont des méthodes qui nécessitent une procédure pour les mettre en place.

 2- La LOLF (loi organique relative aux lois des finances) qui est une méthode d’efficacité directe instaurée par l’État pour une rigueur budgétaire à travers une loi organique.

La première méthode, quoique soit ancienne reste efficace pour l’Algérie, elle en a encore besoin pour stimuler l’action de développement local sur le terrain. La seconde est très utile aussi pour imposer une rigueur et une efficacité au niveau de l’action budgétaire engagée par l’État à travers ces programmes de développement en faveur des collectivités locales.

Les actions que nous préconisons pour mettre en place ces méthodes sont les suivantes:

1- Doter les collectivités territoriales d’un outil de développement touristique(ADTT).

 2- Ériger les missions de l’agence nationale de développement touristique actuelle (ANDT) en objectifs territoriaux, et appliquer la méthode de contrat plan État entreprise publique (CPEP) pour prendre en charge la gestion des ZET

 3- Appliquer la méthode de partenariat public privé (PPP) ou contrat de partenariat pour prendre en charge la viabilisation des ZET

4- Appliquer la méthode de contrat- plan État-wilaya pour prendre en charge les actions d’attractivité du territoire ayant pour objectifs l’instauration d’un tourisme durable avec la mise en place d’une rigueur budgétaire à travers une loi organique.

Ainsi donc, notre travail ne s’inscrit pas dans une démarche théorique mais répond bien à la nécessité de mettre en place un système opérationnel pour atteindre les objectifs tracer dans le SDAT 2030 de l’Algérie et l’instauration d’une dimension marketing de la politique à conduire par un management de destination pour donner à l’Algérie une « image » positive et attractive pour un tourisme durable.

RÉSULTAT DE LA RECHERCHE

Les résultats obtenus par la recherche permettent d’atteindre deux objectifs principaux et deux autres en conséquence de l’un et de l’autre:

I/L’introduction de méthodes managériales liée à la DPO procédurales et d’efficacité budgétaire au niveau de l’offre proposée par le SDAT crée:

– un instrument stratégique territorial de gestion. La généralisation de cet exemple aide à créer :

– un tableau de bord national pour le suivi et l’évaluation de la politique touristique via la méthode top down et la construction du CST via la méthode Knowledge management conformément aux recommandations de l’OMT.

Ainsi donc avec cette démarche novatrice, les indicateurs du CST deviennent des leviers de commande en temps réel pour aiguiller et corriger les insuffisances, contrairement au CST proposé par l’OMT qui nonobstant ses limites, nécessite une année de travail pour livrer une évaluation économique du tourisme basée sur une logique comptable sans aucune incidence sur la gestion permanente d’une politique de développement touristique.

II/ la participation de tous les acteurs au niveau territorial crée :

– une gouvernance territoriale et un tourisme durable. La généralisation de cet exemple :

– instaure une conduite marketing nationale et un management de destination Algérie.

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