Lutte contre la corruption: l’heure des magistrats

L’heure des magistrats a-t-elle sonné ?

À suivre les sorties et récentes déclarations du nouveau ministre de la justice, Belkacem Zeghmati , qui ne s’accomode d’aucune insinuation, préférant le recours aux mots francs et directs pour décrire le mal qui ronge la justice du pays, il semble se dégager de ses intentions , une volonté assumée d’ouvrir le dossier des magistrats indélicats, corrompus et complices d’une situation de déni des droits.

Zeghmati evoque l’incompétence, la médiocrité ainsi que la corruption qui ont pesé sur certaines décisions de justice .

Il relèvera donc que la probité du magistrat , sa compétence et sa moralité sont indiscutables comme éléments devant servir à produire des décisions ou des jugements telle que l’exige la pratique du droit.

Il n’est donc pas exclu de voir les prochains jours, enregistrer un  bon nombre de magistrats qui tomberaient, à la faveur des mesures d’assainissement enclenchées .

Après les récentes sanctions qui ont touché deux juges et un procureur, le département de Zeghmati concentre son action sur la ressource humaine qui compose la corporation des magistrats et essaye de replacer les bonnes cartes.

Outre l’éloignement des vieux réflexes et les pratiques malsaines qui ont présidé bien souvent aux décisions de” justice” rendues , le nouveau ministre s’emploie à nettoyer son secteur de tout ce qui aurait pu être rattaché à l’ancien garde des sceaux Tayeb Louh.

Ce dernier qui risque de se voir incarcéré dans les prochaines heures avait été récemment convoqué par l’office de lutte contre la corruption et mis sous interdiction de quitter le territoire national.

Aujourd’hui tous ceux des magistrats et fonctionnaires de la justice réputés proches de Tayeb louh, se doivent de se sentir concernés par les mises en gardes du nouveau ministre .

Zeghmati use d’un discours simple, clair et sans détour.  Il dresse un constat et fait le procès de cette maison qu’ il connaît tant et ce, non sans évoquer le nouveau contexte politique du pays qui exige la réhabilitation d’une justice , en voie de disparition.

Nous ne sommes pas encore à l’ère de d’indépendance des magistrats même si le ministre suggère cette nouveauté,  la réalité étant plus politique que judiciaire, de nouveaux pas sont néanmoins en voie d’être accomplis.

Un début de reprise en mains en attendant la véritable indépendance du magistrat.  Celle qui consacre le droit pour tous et la loi au dessus de tous.

ABN

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