Loi sur les hydrocarbures : Énigme et Amateurisme

Terrible aveu du ministre de l’énergie, Mohamed Arkab.

Une énorme bourde qui renseigne sur l’etat des lieux au niveau des grands centres de décision.

Ne mesurant sûrement pas la portée de ses déclarations, il indiquera ce lundi que les amendements apportés au projet de loi sur les hydrocarbures ont été tout simplement inspirés par les recommandations des grands groupes pétroliers internationaux !!

C’est à peine s’il reconnaissait que ce sont ces mêmes futurs partenaires et acquéreurs qui auraient  “dicté” à nos décideurs la révision de cette loi qui fait couler tant d’encre ces derniers temps.

” Nous avons discuté avec les groupes pétroliers qui comptent dans le top 5 mondial et ils nous ont fait part de leurs préoccupations qui portent sur le cadre réglementaire et celui fiscal ” lance le ministre pour signaler avoir levé ces entraves conformément aux desideratas de ces multinationales.

S’agit-il de multinationales ou de bureaux conseils ?

L’amalgame est trop dangereux .

Il ne resterait plus qu’ à annoncer la participation active de ces groupes pétroliers dans la rédaction effective des futurs contrats et appels d’offres devant sceller le partenariat.

Et nous serions alors devant un cas de ” délit d’initié inédit ” , le plus ” légal ” au monde.

S’embourbant dans une panne économique qui s’annonce, le gouvernement Bedoui au contrat limité et à la légitimité rediscutée, tente d’irriguer l’avenir en ressources puisées essentiellement des hydrocarbures.

Quitte à opter pour des raccourcis en matière de conseils et d’études préalables à l’engagement du pays sur le long terme .

À croire que Sonatrach et les instituts de formation spécialisés en hydrocarbures ne produisent plus de cadres algériens à même de penser la stratégie de partenariat dans ce domaine .

Où sont passées les annonces de l’ex pdg Ould kaddour qui disait vouloir faire de Sonatrach une académie de savoir faire de rang mondial?

Où est passée la stratégie de développement de chakib khelil qui se vantait de la valeur de ses actes de gestion ?

S’il est vrai que l’impératif de stabilité du cadre réglementaire et des mesures fiscales doit être inscrit en priorité de la vision de partenariat, il aurait été tout autant plus sûr de travailler dans la transparence et la prudence en associant au projet des experts capables de situer les avantages et les risques.

Séduire et rendre attractif sans tomber dans le bradage de la seule ressource dont dispose fatalement le pays.

Il y a urgence à communiquer sur ce dossier.

Comment concevoir une loi dont l’architecture s’inspire des préoccupations formulées par les multinationales au lieu d’inscrire en priorité des amendements, le souci de garantie des intérêts du pays et la récolte des dividendes attendus ?

 

ABN

 

 

 

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