L’industrie pharmaceutique locale: Des blocages chroniques et des chiffres dopés

L’industrie pharmaceutique est ce secteur clé et important moteur de croissance de l’économie, une industrie stratégique qui regroupe les activités de recherche, de fabrication et de commercialisation des médicaments pour la médecine humaine ou vétérinaire.

C’est l’une des industries les plus rentables dans le monde.

Et c’est pour cette raison que ce dossier  était le plus lourd lors du dernier Conseil des ministres tenu le 30 août dernier , au cours duquel il a été question de son adaptation à la nouvelle approche économique de” la nouvelle Algérie “visant à encourager la production nationale et diminuer la facture d’importation de 400 millions de dollars d’ici à la fin de l’année en cours.

Dans le même contexte le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed affirme que «l’Algérie possède des projets de production de médicaments contre le diabète, de médicaments anticancéreux et de certains médicaments thérapeutiques» et en matière de production, le ministre a affirmé que “le mois prochain, certains médicaments dont les algériens ont besoin seront fabriqués, y compris ceux utilisés pour traiter le coronavirus”.

les acteurs principaux du secteur pharmaceutique commencent à exprimer leur mécontentement et désarroi vis à vis de la situation actuelle de la production pharmaceutique et le marché du médicament, des voix se sont élevées, criant à l’impossibilité de ces chiffres , un objectif irréalisable face aux problèmes et au désordre dans lesquels l’industrie pharmaceutique est noyée depuis des années.

L’un des responsables d’un important laboratoire pharmaceutique privé lance un cri de colère ” la bureaucratie était présente en plein crise sanitaire alors que tout le monde cherchait des solutions pour s’en sortir…on ne nous a même pas facilité la tâche pour importer des teste PCR juste pour dépister notre personnel qui dépasse les 700 employés pour éviter des arrêts de production…comment voulez vous que ce même système nous pousse de l’avant ?? ”

Oui la bureaucratie existe, le retard des enregistrements est juste hallucinant arrivant jusqu’à six mois…le retard des signatures pour les programmes d’importation, le lobby du médicament est toujours présent, les problèmes sont là et personne ne peut les nier ou les effacer du jour au lendemain .

Ce qui nécessite forcément de revoir les programmes d’importation, revoir notre stratégie de production, importer la technologie nécessaire pour produire ce qui est en rupture sur notre marché, de nombreux médicaments essentiels à la santé humaine en Algérie sont encore sur la liste d’importation depuis l’étranger en raison d’un déficit de technologie et de recherche scientifique chez nos producteurs locaux avec une production pharmaceutique limitée à tout ce qui est gastro-entérologie, Antibiotiques ou de simples molécules de formes sèches , la production pharmaceutique nationale est totalement inexistante en cancérologie, toxicologie, l’anesthésie-réanimation, Diabète, Infectiologie , Endocrinologie et Hormones.

Une production pharmaceutique locale qui n’assure pas véritablement les besoins du malade algérien alors que depuis 2016 on compte 87 usines de production et des centaines d’agréments provisoires.

Il faut aussi revoir la qualité avant la quantité ; l’efficacité du produit, s’éloigner d’une conformité limite à la fourchette de tolérance, revoir la qualité des packagings.

Une autre vérité très importante;le citoyen Algérien (majoritaire) n’a jamais fait confiance aux médicaments fabriqués localement ; il préfère nettement les médicaments , il arrive même à différencier entre le médicament générique et le princeps « molécule mère ».

À la lumière de cette petite analyse sur le terrain, une vérité : l’industrie pharmaceutique en général et la production locale spécialement a du chemin à faire, de gros efforts doivent êtres fournis pour arriver à assurer 70% du marché pharmaceutique Algérien.

Nadi. K

Lire aussi