Le professeur en medecine explose ses verités: Mon coup de gueule!

Par Professeur Nadia.

Mon coup de gueule !

 

Le bouc émissaire est de blanc vêtu ! faut il en faire un mouton ?

 

 

Le système a tout fait pour rabaisser le médecin ; il n’a aucune qualité de vie à l’instar des autres algériens sauf que son travail difficile et stressant mérite un peu plus de considération comme cela est admis dans les sociétés qui se respectent ; les médecins des hôpitaux ne sont pas logés ;le pouvoir construit des logements accessibles financièrement à ceux qui brûlent les pneus et se raccordent illégalement au réseau de la Sonelgaz pour acheter la paix sociale mais pas pour les médecins .
Ces derniers se voient obligés de louer ou de vivre chez la famille puisque le prix d’un appartement est hors de portée d’un salaire d’hôpital .Après cela ,ce sont ces mêmes personnes qui viennent les agresser ; à ce train là , les jeunes médecins vont soit partir à l’étranger soit s’installer dans le secteur privé ou carrément se reconvertir ;il n’y aura plus de médecins dans les hôpitaux .
Cela ne va pas déranger outre mesure les décideurs , car importer des cubains ou des chinois avec un salaire faramineux améliorera leurs relations avec ces pays , politique oblige !
Bien sûr que la mission essentielle du médecin est de traiter les patients et de panser leurs maux ! Il s’agit certes d’une noble mission mais soyons réalistes : l’époque du sacerdoce est révolue .Si certains bacheliers choisissent d’entrer en médecine par vocation, d’autres le font sous la pression familiale ou tout simplement parce que c’est leur choix.
De ce fait , il est normal qu’ils exigent de bonnes conditions de travail .
Ce médecin est un Homme (la majorité est féminine d’ailleurs) et malheureusement souvent, Il est lui-même malade trainant des pathologies chroniques, ne pouvant se soigner par manque d’infrastructures de qualité… !.. Mais qu’il se fasse agresser, de surcroît par des individus dont les fonds de culottes n’ont jamais caressé un banc d’école, non cela est insupportable, inadmissible ! Cette agressivité engendre une profonde frustration chez les soignants et se retournera comme un boomerang inéluctable vers les agresseurs .
Alors, raisonnons dans le calme et la sérénité ! Identifions une à une les causes de ces agressions répétées ! Une fois le diagnostic établi, trouvons y des remèdes !
Pour cela, il faudrait restructurer en profondeur le système de santé actuel, construire des hôpitaux modernes pourvus d’ascenseurs, de salles d’attente, de sanitaires ,de bureaux d’accueil où le patient est informé du circuit qu’il doit suivre (tous ces éléments aussi infimes soient ils diminuent l’anxiété et l’agressivité ) ; il faudrait éduquer la population qui se serre chaque matin aux portes des services des hôpitaux alors que des consultations externes dans les polycliniques existent et sont assurées par ces mêmes spécialistes. les décideurs doivent travailler avec les médecins qui sont sur le terrain et ne pas se réunir au ministère pour pondre des circulaires inapplicables localement .
L’Algérie est un grand pays , chaque région a sa spécificité .
Les CHU sont différents , certains regroupent toutes les spécialités et la fluidité interservices est assurée ;d’autres sont éclatés en plusieurs entités médicales , chirurgicales , pédiatriques et il est très difficile aussi bien pour l’administration que pour les autres protagonistes de la santé de gérer la situation .Certaines grandes wilayas ne disposent à ce jour que du CHU vétuste remontant à l’époque coloniale et inadapté à la population actuelle.
Ajoutez à cela la qualité des administrateurs qui souvent laisse à désirer .
Comment voulez vous qu’un responsable qui a le niveau de la 4eme année (BEM) puisse donner des ordres à un rang magistral ?
Pour éviter ces frictions entre soignants et patients, pour apaiser cette situation qui conduit au burn- out des médecins et infirmiers et au désarroi des patients, il est impératif de trouver des solutions.
N’oublions pas que chaque médecin a été ou sera un jour de l’autre côté de la barrière , hospitalisé pour une pathologie ou un accident de la voie publique .
Il est dans l’intérêt général que les choses changent .
Le constat est amer mais il est possible avec beaucoup de volonté d’améliorer la prise en charge des patients et le bien être des soignants.

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