Le cas Samir Chaabna : Qui a piégé qui?

On a voulu l’honorer d’un poste de ministre, il a plongé la république dans l’embarras.

Samir Chaabna titulaire de la double nationalité, algérienne et française est nommé officiellement ministre délégué chargé de la communauté algérienne établie à l’étranger à la faveur du récent remaniement.

Sur papier il aura été ministre durant ces trois derniers jours .

Scandale !

En hauts lieux , on ” découvre ” que le nouveau ministre détient la double nationalité et on ” suggère ” qu’ il ne l’avait pas déclarée.  Autrement dit , il aurait dissimulé sa double attache, souhaitant probablement gagner la haute fonction en gardant un pied majeur dans chacun des deux pays dont il ne veut vraisemblablement pas se détacher.

Il a même refusé de renoncer à sa nationalité française afin d’inscrire sa nomination au chapitre légal tel que le prévoit une disposition de la constitution algérienne qui stipule l’obligation de la nationalité exclusivement algérienne pour des postes d’un tel niveau de responsabilité.

Et c’est le communiqué du premier ministre Abdelaziz Djerrad qui rappelle ces faits mentionnant que Chaabna n’a pas tenu à renoncer à sa nationalité française.

En clair, celui qui devait être ministre délégué a failli doublement : dissimulation de nationalité et rejet ” outrageuse” d’une offre honorifique !

Pire encore , il a rendu publique sa préférence française.  Au détriment de son pays d’origine. Réaction qui peut choquer plus d’un notamment dans ce contexte sensible où tout ce qui se rattache à la France est systématiquement dénoncé, par conviction ou hypocrisie.

À un tel niveau de responsabilités, des erreurs d’appréciation et de discernement ayant débouché sur ce scandale ne peuvent être facilement acceptées.

Pouvait on réellement ignorer cette incompatibilité statutaire de Samir Chaabna ?

Était-il difficile de s’informer préalablement avant de le proposer et d’éviter au final de jeter le discrédit sur le mode de fonctionnement de la république et des circuits propres à la désignation des hauts cadres du pays ?

Que cache cette histoire ? Qui a proposé Samir Chaabna ?

Le premier ministre Abdelaziz Djerrad donne l’impression d’avoir été mis devant un fait accompli si ce n’est qu’ il aurait été presque piégé dans cette affaire qui met à mal tout le système .

Pour sauver l’honneur, le dénouement de l’histoire a été confié au président de la république Abdelmadjid Tebboune à qui,  il est revenu le dernier mot.

Le communiqué mentionne que c’est le président qui a immédiatement signé la décision portant annulation de la désignation de Chaabna comme ministre au motif que celui ci a refusé de se plier aux dispositions de la république .

Pourtant sur les réseaux sociaux, circule une vidéo de Samir Chaabna sur un plateau télé où il affirmait qu’ il était en mesure de renoncer à sa nationalité française si une opportunité politique s’offrait à lui en Algérie. C’était sous l’ère de Bouteflika.

Aujourd’hui, il renvoie un message qu’ il n’a peut être pas volontairement élaboré : Citoyen français plutôt que ministre Algérien!

Conclusion : Un homme ( Chaabna) a failli, le premier ministre n’a pas vu et…le président a…corrigé.

Samir Chaabna a fait le choix . Librement. Entre la Marseillaise et Kassamen.

Sa décision montre que l’homme à qui on allait confier une haute responsabilité ne croit pas suffisamment en l’avenir de la nouvelle république.

Aujourd’hui il y a lieu de s’interroger si finalement il a été  spontanément sollicité, éventuellement recommandé, ou au contraire il aurait été  lui même  demandeur…

Cela pourrait expliquer beaucoup de choses.

ABN

 

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