L’Algérie classée parmi les derniers au monde: Ce tourisme que nous avons raté…

Selon le rapport publié en septembre 2019 par le Forum Économique Mondial (WEF) sur la compétitivité des pays dans le secteur du tourisme, L’Algérie reste très mal classée en termes de compétitivité touristique.

Publié tous les deux ans, le rapport du WEF évalue la compétitivité touristique de 140 pays et produit un classement basé sur l’indice de compétitivité du voyage et du tourisme.

Cet indice, composé de 4 sous-indices, de 14 piliers et de 90 indicateurs, mesure le groupe de « facteurs et de politiques qui permettent le développement durable » du secteur, explique le WEF.

Un score total variant entre 1 et 7 est attribué à chaque pays évalué.

Selon le rapport, le pays obtient le score le plus faible en Afrique du Nord, puisque le Maroc et l’Égypte obtiennent un score de 3,9, tandis que la Tunisie obtient un score de 3,6.

Toujours selon ce rapport, l’Algérie se classe mal sur :Les facteurs de l’environnement des affaires (118e), la priorisation du secteur des voyages et du tourisme (132e), l’infrastructure de services pour les touristes (136e), la durabilité environnementale (133e), les ressources naturelles (126e), et l’ouverture internationale (139e).

 

Dans la région Moyen-Orient / Afrique du Nord, l’Algérie devance un seul pays, le Yémen.

Ce constat est fait par une très sérieuse fondation à but non lucratif dont le siège est à Genève.

Ce forum est connu pour sa réunion annuelle à Davos, en Suisse, qui réunit des dirigeants d’entreprise, des responsables politiques du monde entier, ainsi que des intellectuels et des journalistes, afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète, y compris dans le domaines du tourisme.

 

Et pourtant, c’est à partir de 2008 qu’une prise de conscience nationale de l’enjeu du développement touristique en tant que vecteur de développement économique et social a été effective en Algérie.

 

Cette prise de conscience a imposé la nécessité de se doter d’un cadre stratégique de référence et d’une vision à l’horizon 2030, appuyée sur des objectifs contenus dans le Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT), qui est une composante du schéma national d’aménagement touristique (SNAT 2025), prévu par la loi 02-01 du 12 décembre 2001 relative à l’aménagement du territoire et dudéveloppement durable.

 

Le tourisme n’est plus un choix, c’est un impératif nous a-t-on affirmé lors des premieres assises et la mise en place de ce schéma en 2008.

 

Un impératif qu’il faut absolument réaliser en trois étapes :Court terme pour une mise en tourisme, moyen terme pour l’amorçage du tourisme,et long terme pour créer une destination Algérie connue à l’international.

 

Le constat fait en 2019 par le Forum Économique Mondial (WEF),veut dire tout simplement, que ni la mise en tourisme, ni l’amorçage du tourisme, ni encore moins les perspectives d’une destinationAlgérie prévus par le schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) n’ont été réalisés.

 

Cet échec a été pourtant constaté à deux reprises, lors des deuxièmes et troisièmes assises sur le tourisme tenues respectivement en 2013 et 2019.

Mais au lieu de chercher les vraies raisons de cet échec on continue de se donner du temps.

 

Le SDAT qui avait prévu d’atteindre son objectif final pour 2025, voilà que cette échéance est officiellement reculée pour 2030, et à ce rythme on parle de 2035 et peut être au-delà.

 

Le problème est tout évident, que nos décideurs ne veulent pas admettre : Sans une vision stratégique associée à des méthodes managériales scientifique, l’Algérie ne pourra pas atteindre ses objectifs même si nous  continuons de nous donner du temps.

 

Tandis qu’une solution sous forme de plan managérial opérationnel stratégique pour le développement du tourisme en Algérie est prête à l’exécution depuis 2016 pour concrétiser les objectifs fixés dans son SDAT 2030.

Ce plan est le résultat d’un travail de recherche conduit à terme à l’IAE de l’université Sofia Antipolis de Nice pour l’obtention d’un doctorat en administration des affaires (DBA) intitulée « Compte satellite du tourisme et direction par objectif : Le cas de l’Algérie ».

 

Ce travail de recherche, démontre d’une part, les limites du compte satellite du tourisme (CST) mis en place par l’organisation mondiale du tourisme (OMT) en tant que modèle d’évaluation du secteur du tourisme à l’intention de tous les pays membres, et d’autre part, propose des solutions managériales pour transformer ce dernier en un instrument de gestion stratégique du tourisme.

 

Les résultats obtenus sont les premiers du genre dans le domaine, du tourisme dédiés à l’Algérie, et valables pour tous les pays membre de l’OMT.

Ils permettent d’atteindre deux objectifs principaux et deux autres en conséquence de l’un et de l’autre :

1/l’introduction de méthodes managériales procédurales liées à la direction par objectif (DPO) et d’efficacité budgétaire (LOLF) au niveau de l’offre proposée par le schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT), crée un instrument stratégique territorial de gestion.

2/ La généralisation de cet exemple aide à créer un tableau de bord national pour le suivi et l’évaluation de la politique touristique via la méthode top down et la construction du compte satellite de gestion touristique (CSGT) via la méthode Knowledge management.

 

Le deux autres objectifs liés aux deux premiers sont :

–        La participation de tous les acteurs au niveau territorial crée une gouvernance territoriale et un tourisme durable.

–        La généralisation de cet exemple instaure une conduite marketing nationale et un management de destination Algérie.

Cette réalisation a fait l’objet de large écho sur le plan national, par la presse écrite et visuelle.

De même que sur le plan international, ce travail a été pris en considération dans la publication phare de l’OMT « Tourisme pour le développement », qui aborde les changements nécessaires dans les politiques, les pratiques commerciales et le comportement des consommateurs pour le tourisme et contribue efficacement à l’agenda 2030 pour le développement durable.

 

Bien que ce travail ait été envoyé à toutes les autorités du pays au lendemain de son achèvement, mais malheureusement aucune réaction n’a eté signifiée ce jour.

Quand va-t-on en finir  avec cette pratique  d’exclusion systématique de toutes visions scientifiques à même d’apporter des solutions pour le pays ?

Nous avons espoir que cela puisse se terminer avec le président Abdelmadjid Tebboune qui avait déclaré le 19 avril 2020, au cours de la réunion périodique du Conseil des Ministres, que : « l’Algérie recèle des compétences scientifiques dans les divers domaines…” et ce en appelant à les mettre en valeur. ».

A bon entendeur.

Docteur Rafik Alloui

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