Faire du pétrole une ressource accessoire: le pari inédit de Tebboune

Réduire les hydrocarbures à un rang de ressource facultative , voire accessoire!

Une annonce qui ne devrait pas passer inaperçue.

Quel est ce plan inédit qui consiste à délivrer le pays des caprices du pétrole?

Cela semble être le challenge du president Tebboune. Et il l’annonce sous forme de plan qui tend à se décliner à travers les arguments mis sur la table dans la perspective affichée.

Tebboune déclare dans sa sortie face aux journalistes reçus ce dimanche au siège de la presidence qu’il compte oeuvrer à reduire la part des hydrocarbures dans l’economie nationale à moins  20%.

Ce serait realisable d’ici 2021 , souligne le président de la republique.

Un pari assez fou même si Tebboune ne precise par s’il s’agit de realiser cette prouesse sur le poids des hydrocarbures dans le PIB produit interieur brut ou sur le niveau des exportations du pays qui verraient la part des petrole et gaz rattrappée par d’autres produits hors hydrocarbures.

Cette derniere option étant pratiquement impossible en l’état actuel de nos exportations hors hydrocarbures qui peinent à dépasser le cap des 2 milliards de dollars.

Ramener la dominante des hydrocarbures à 20% du PIB serait envisageable si le renfort des autres branches d’activités au potentiel avéré est rapidement mobilisé.

 

Traduction de l’ambition du président: il veut dépolluer l’economie du pays de cette dependance aux hydrocarbures qui dure depuis toujours.

Quels sont les outils et les cartes que detient le président pour afficher un tel optimisme et se risquer à un pari de cette envergure , publiquement engagé?

Tebboune depuis le début de son mandat encore naissant agit aussi en qualité de ministre de l’economie, voire en architecte qui trace lui même le schéma.

La décision economique ,c’est lui.

Dans sa vision où la strategie porte sur l’abandon du recours quasi systematique à la benediction du petrole, Tebboune porte son regard sur trois secteurs dont il  veut en faire désormais les futurs acteurs de cette nouvelle philosophie: les mines , l’agriculture et les finances.

En détachant le département des mines du ministere de l’energie le président confère désormais à ce compartiment un statut de moteur.

Le président compte sur les vastes ressources minières dans toute leurs variétés, de l’or au diamant, les terres rares, phosohate, zinc , fer dont regorge le pays et dont il faut engager un travail d’évaluation comme première étape.

Ces ressources curieusement inexploitées constituent une substitution de valeur aux gaz et pétrole dans la démarche du président.

Second secteur qui a fait ses preuves de richesse , l’agriculture avec  un niveau de performance équivalent à  25 milliards de dollars , rattrapant presque les recettes du pétrole.

La tendance pourrait même être inversée en terme de poids de l’agriculture dans le PIB dépassant les hydrocarbures dans le scénario envisagé.

Enfin , le secteur des finances , qui doit conduire et la politique du crédit et de financement de l’économie ainsi que la recherche d’une fiscalité optimisée afin d’assurer une meilleure recette fiscale.

Tebboune veut ainsi compenser la chute des cours du pétrole et éviter des flottements sachant que l’urgence des solutions est renvoyée par cette baisse des réserves de change à hauteur de 60 milliards de dollars.

Le président de la république a néanmoins besoin de deux alliés essentiels pour être au rendez vous du défi: le temps et la compétence des cadres.

ABN

 

 

 

Lire aussi