Face aux exigences populaires : Tebboune met ses pouvoirs sur la table

Abdelmadjid Tebboune ne perd pas son temps, visiblement . Il semble vouloir passer aux actes, sans grandes annonces, lui qui avait promis d’engager le dialogue avec les personnalités influentes de la société civile et de tous les acteurs politiques .

Objectif premier inscrit sous le sceau de l’urgence, réussir à désamorcer le hirak, voire à le devitaliser .  En clair, le président de la république s’en est allé cueillir quelques figures respectables de la scène nationale, à l’instar de Benbitour et de Rehabi.

La consultation engagée avec ces derniers et qui promet de se poursuivre ne vaut pas trop par la teneur des discussions.  Elle témoigne de la stratégie engagée par le nouveau président afin de traduire dans les faits  ses bonnes intentions .

Rehabi tout autant que Benbitour jouissent d’une bonne crédibilité au sein de la société bouillonnante même si le hirak s’oppose à toute représentativité.  D’ailleurs ces deux personnalités le savent et ont entrepris de rendre rapidement compte  de leur rencontre via leurs comptes Facebook .

Mieux encore, Tebboune semble prendre de vitesse son monde . Et le hirak découvre que la proposition de révision de la constitution déclinée par le président est en réalité une copie presque parfaite de l’ensemble des revendications portées par la rue .

Tebboune veut faire siennes, toutes les revendications du mouvement populaire et envisage ainsi de les traduire par des textes dans la loi fondamentale du pays . Qui dit mieux ?

Que restera-t-il au hirak pour motiver la poursuite de sa marche ?

Les axes de la réforme de la constitution que le président met sur la table et soumet à l’approbation du peuple par voie de référendum affichent une ambition de démocratisation de la vie politique .

Tout ce dont peut rêver un citoyen libre . Il est question de garanties des droits, réforme et indépendance de la justice , ouverture et liberté des médias, moralisation de la vie politique, séparation des pouvoirs, renforcement des contrôles du parlement, et surtout réduction des pouvoirs présidentiels.

Un lot de chapitres totalement susceptibles d’inscrire définitivement le pays dans une vision d’État moderne , civil, où la démocratie est pleinement pratiquée !

Tebboune osera-t-il ce sursaut et ira-t-il jusqu’à se retourner contre se système qui l’a propulsé malgré tout aux commandes du pays ?

Il serait difficile de parier sur un éventuel rejet du référendum proposé tant il s’agirait de voter des lois inédites à l’essence démocratique qu’aucun opposant ne pourrait contester .

Explicitée dans le détail et assortie d’une bonne communication préalable,  cette constitution proposée pourrait concrètement susciter l’adhésion et peut être même provoquer une décantation dans les rangs de la contestation . Est ce le but ?

Tebboune tente la transparence jusqu’à remettre sur la table les prérogatives présidentielles.  Il souhaite les réduire en renforçant le pouvoir des élus du peuple.  En gros, cela constituerait une première à mettre sur le compte d’une ambition réelle pour une rupture assumée.

La nouvelle république tant promise demeure liée au sort réservé au référendum annoncé.  Il ne s’agit plus de renforcer la légitimité d’un président.  Mais plutôt d’une action démocratique qui tente de naître de cette situation inédite dans laquelle est plongée l’Algérie.

Sommes nous déjà dans une phase de transition ?

ABN

 

 

 

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