Elle couvre 40% des besoins nationaux : Biskra, l’excellence agricole…

La wilaya de Biskra qui est connue par son patrimoine phoenicicole riche de près de 4 millions de palmiers, par lequel il a été enregistré selon les responsable locaux du secteur, une production de 4,8 millions de quintaux de dattes au titre de la saison agricole de 2019, dont 3 millions de quintaux de Deglet-Nour de qualité supérieure, ce qui représente 60% de la production globale.

 

Aujourd’hui, Biskra s’est inventée une nouvelle vocation, en devenant le potager de l’Algérie et ce en se prédestinant à cultiver des tomates, des poivrons ou des aubergines.

Des serres sortent, hiver comme été, des norias de camions chargés de produits agricoles destinés à garnir les assiettes de nos compatriotes des quatre coins du pays.

Certains investisseurs, grâce à leurs efforts propres dans le domaine technique ont pu fournir les assiettes de quelque pays dans le monde : Ils ont exporté leurs fèves au Canada, leurs tomates et melons en France et en Espagne, leurs poivrons à Dubaï.

Ils essaient même de conquérir des marchés aussi différents que ceux de l’Ukraine et de la Russie, de la Chine ou de la Côte d’Ivoire.

La Superficie Agricole totale de la wilaya de Biskra est de l’ordre de 1 652 751 hectares avec une Superficie Agricole Utile de 185 473 hectares, dont 103 478 irriguée soit un peu plus de 2% de la surface agricole utile de l’Algérie estimée à 8.458,000 d’hectares hectares.

Biskra et sa région fournissent avec cette infime portion de terre agricole utile, 40 % de la production agricole nationale, pour un chiffre d’affaires de quelque 3 milliards d’euros.

En plus de sa nouvelle vocation, la wilaya de Biskra semble revenir aussi à une culture agricole oubliée en l’occurrence, la céréaliculture.

Biskra a été connue depuis l’époque des romains comme grenier de leur empire en Céréales.

Seulement pendant le règne des turcs  et l’occupation des Français on a constaté que la phoeniciculture a pris de l’ampleur au détriment des autres cultures et ce au regard  de sa valeur marchande.

 

La capacité de la wilaya de Biskra dans ce domaine a été prouvée lors d’un défi lancé par le ministère de l’Agriculture et du Développement aux céréaliculteurs en créant le Club 50, composant les producteurs qui réalisent plus de 50 qx/ha.

 

Lors d’une cérémonie organisée en leur honneur par le ministère, un producteur de la wilaya de Biskra a réalisé 84 qx/h en  se classant premier lauréat de ce défi.

La deuxième et la troisième grosse performance sont réalisées également à Biskra avec, respectivement, 79 qx/ha et 70 qx/ha.

Avec un peu plus de 2% de la surface agricole utile de notre pays et près de 12% de la superficie agricole globale de la wilaya, Biskra arrive à couvrir 40% des besoins en production agroalimentaire nationale.

Alors, que dire si on fournit un avantage d’efforts pour ramener à la hausse ce pourcentage ?

 

La wilaya fait figure donc comme exemple à suivre pour tous ceux qui rêvent de voir le pays sortir enfin de sa dépendance aux hydrocarbures.

Dans cette Algérie où les revenus en devises sont assurés à 98 % par le pétrole et le gaz et où la facture des importations alimentaires dépasse chaque année la barre des 8 milliards d’euros.

Le président de la république a souligné lors du dernier conseil des ministre l’impératif d’accélérer la création immédiate de l’office de l’agriculture saharienne pour la mise en valeur de millions d’hectares de terres sahariennes afin de développer l’agriculture industrielle.

La wilaya de Biskra constitue de fait, la région saharienne toute indiquée pour la mise en œuvre de la directive présidentielle.

A bon entendeur…

Docteur Rafik Aloui

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