Des crédits alibis pour des achats de luxe à l’étranger : les banques au banc des accusés !

Tous les PDG de banques aussi bien publiques que privées du pays seraient privés de leurs passeports dans le cadre des mesures préventives suite aux grandes enquêtes liées à la dilapidation des deniers publics .

C’est du moins ce que rapporte le quotidien liberté de ce mercredi .

Cette mesure Si elle venait à se confirmer serait une première dans les annales judiciaires et bancaires du pays .

Que peut on reprocher aux banquiers ?

Vraisemblablement ils pourraient être épinglés pour mauvaise gestion de deniers publics , dilapidation des ressources bancaires  et non respect des règles et procédures prudentielles . Une somme de griefs qui va concerner cette mise en difficulté de l’économie nationale .

Mais  concrètement, quel est ce PDG qui pouvait dire non à un Haddad ou un Kouninef ou tout autre membre influent du FCE?

N’oublions qu’ à l’époque Ali Haddad avait publiquement démontré sa puissance face à un premier ministre qui a tenté de s’opposer à son influence.  Abdelmadjid Tebboune , l’ancien premier ministre perdra et le bras de force contre Haddad et son poste de chef de l’exécutif en moins de trois mois .

Cet épisode suffisait à montrer toute l’influence du pouvoir de l’argent sur les centres de décisions .

Aucun responsable de banque ne peut désormais quitter le territoire national et tous les PDG devront se soumettre aux besoins de l’enquête.

Passage obligatoire et forcément attendue, cette étape qui concerne la communauté bancaire de la place va notamment susciter l’intérêt des enquêteurs sur le volume astronomique des crédits débloqués en faveur d’un nombre restreint de bénéficiaires.  On évoque des chiffres qui tournent autour de pas moins de 6 milliards de dollars de prêts concentrés sur 8 à 9 opérateurs privés .

Ce chiffre, pour avoir une idée sur son étendue ,dépasse de loin le capital de ces mêmes banques.

Autrement dit , ces dernières ont pratiquement avalé leurs ressources, prenant le risque d’engager des avoirs publics au profit de destinataires bien précis , lesquels font l’objet d’une grande enquête des services de sécurité . Pour rappel , le chef d’état major lui même avait tenu à exprimer son désarroi face aux chiffres qu’ il a eu à constater.

S’il est techniquement difficile de parvenir à déceler l’acte de corruption en raison de sa complexité  , les enquêteurs auront par contre la latitude d’en déceler du moins quelques soupçons et d’arriver à faire la lumière sur l’existence de facilités et autres avantages illégaux dans l’octroi des crédits .

Il sera sûrement question d’examiner pièces par pièces les dossiers et surtout vérifier l’existence de garanties suffisantes pour couvrir les prêts et épargner les banques des risques engagés .

Les soupçons existent sur les malversations pouvant être observées sur la sur-évaluation des besoins  , la surfacturation des marchés afin de bénéficier d’un maximum de crédit.

La partie sur-estimée des crédits va servir à des opérations illicites à l’étranger : achat de biens immobiliers et autres acquisitions de luxe .

Rappelons aussi que cette situation avait provoqué une panne monétaire sur le marché vers la fin 2017 . Ce qui avait incité Ahmed Ouyahia quelques mois après à passer aux aveux : ” les caisses de l’Etat sont vides ” !

S’en suivra la très controversée opération de mise en marche de la planche à billets.

Aujourd’hui, les banquiers algériens vont devoir afffronter un risque d’un nouveau genre : le risque politique , difficile à prévoir !

Wahib A

 

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