De l”abstentionnisme” commercial, au recel et la fraude: L’hypocrisie du marché automobile

Se rendre ces derniers temps chez un concessionnaire automobile du made in Algeria relèverait presque de la trahison . Sinon du recel. C est du moins ce que laisse véhiculer la campagne de boycott initiée sur les réseaux sociaux et qui se manifeste par une virulence assez prononcée à l endroit des marques assemblées en Algérie. Les patrons de ces unités d assemblage sont accusés d être ni plus ni moins que des fraudeurs qui profiteraient d une situation de marché où la demande explose. Qui oserait s afficher en ce moment pour acquérir un véhicule made in bladi dans ce climat de contestation et de boycott?

A suivre le raisonnement d un tel mouvement -au demeurant inédit dans les annales commerciales – l’acte d achat équivaudrait à du recel.  Oui tant que le concessionnaire est taxé de tricheur . Le ministère de l industrie qui demeure à l origine de cette perturbation du marché ne semble pas avoir mesuré les conséquences de son implication interventionniste . Il s en lave les mains . Paradoxalement, il est fort à parier que ce même ministère à l instar des autres institutions publiques et organismes officiels comptent et demeureront les meilleurs clients de ces mêmes  marques automobiles.  L hypocrisie générale née de cette” résistance” commerciale aux contours virtuels se confirme par son orientation loin d être innocente. Un opérateur économique n investit point pour s associer à un quelconque effort à connotation sociale. Par contre le lait en sachet disparu des étals depuis des mois mériterait amplement une mobilisation des uns et des autres. Qu’il s agisse du ministère du commerce ou celui de l agriculture la mission de régulation s impose en urgence , le lait étant un produit de première nécessité et stratégiquement subventionné.  Curieusement il ne mobilise aucune campagne de sensibilisation au boycott ou de toute autre forme de contestation. Difficile de croire à la spontanéité de ces nouvelles moeurs commerciales qui se veulent bien sélectives .

D’autant que la vulnérabilité première de ce boycott réside dans la faiblesse de leur monnaie, le dinar d’une part et la puissance de ces patrons qui gèrent ce secteur. Des noms comme Tahkout ou Mourad Oulmi qui ont eu à inonder les parcs autos des organismes officiels ne seront pas des cibles à portée du …virtuel.

 karim A

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