Crise politique: le risque de décalage

Par Dr Rafik ALLOUI

Même si les marches, notamment celles des vendredis, continuent de se caractériser par un pacifisme qui a ébloui le monde depuis le 22 février dernier, force est de constater que le pouvoir et le peuple ne sont pas sur la même longueur d’ondes.

Chaque semaine, à l’occasion des marches du vendredi, le ton monte d’un cran et les revendications restent toujours pour une Algérie libre et démocratique sans les figures du système.

Parallèlement, l’offre de dialogue du chef de l’Etat ne trouve pas preneur de l’ensemble du peuple, mises à part quelques initiative comme le forum national pour le dialogue ouvert ce 6 juillet dernier qui a regroupé essentiellement les partis politiques regroupés au sein des « Forces du changement »,auquel aucune personnalité nationale crédible n’a assistées,quelques association, ainsi qu’un rassemblement de quelques universitaires qui s’est auto- proclamé « forum de l’élite et compétences nationales » qui n’est nullement représentatif.

Tous ces porteurs d’initiatives pourtant le savent : tout  ce monde qui s’agite  souffre d’un déficit accru de confiance de la part du peuple.

Il est vrai que cette crise ne devrait plus s’éterniser et qu’une issue dans les plus brefs délais serait salutaire pour le pays.

Il est vrai qu’il y a des enjeux et des défis au niveau national, il est vrai qu’il a aussi des menaces au niveau international et régional.

Mais si le pouvoir persiste dans sa démarche de maintenir sa feuille de route, alors que le peuple a déjà exprimé son refus à maintes reprises pour tous ceux qui ont géré la période révolue.

Il est à craindre  fort qu’il y ait alors un risque de glissement et nous pourrions aller vers une situation d’instabilité.

Pour toutes ces raisons, j’appelle encore une fois, à opérer un changement bien sûr en restant dans un cadre constitutionnel même si la Constitution a déjà été violée auparavant en mettant à la tête de la présidence le président du Conseil constitutionnel  qui, remplacera l’actuel chef de l’Etat qui devrait normalement démissionner ( le délai donné par l’article 102 étant épuisé).

Le nouveau chef de l’Etat nommera un gouvernement qui aura une crédibilité et qui s’attèlera à mettre en place d’abord, la haute instance indépendante chargée de la préparation et de l’organisation de l’élection.

Un retard de quelques mois pour organiser l’élection présidentielle n’est pas grave, car le plus important c’est qu’on aboutisse à un président qui aura été élu par la majorité du peuple algérien.

Nous sommes,il faut le savoir dans une situation où nous courrons un grand risque de voir un grand décalage s’élargir davantage entre le peuple et le pouvoir en place , situation porteuse  de graves menaces pour notre pays.

A bon entendeur.

Dr Rafik ALLOUI

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