Cri d’alerte du neurologue: La belle au bois dormant n’est pas une femme !

Par Professeur Nadia Toubal

Chef de service Neurologie

CHU de Annaba.

 

Nous assistons, impuissants à un nouveau phénomène social et comportemental qui mine nos familles .

En effet, depuis plus d’une décennie nos garçons de 14  à 30 ans ont inversé leur cycle nycthéméral.

Ils dorment  toute le matinée et ne se réveillent que tard dans l’après midi .La nuit ,tels des vampires ,ils errent dans la maison  ou  sont figés à leur écrans le doigt plus rapide que l’esprit .

Cette addiction aux réseaux sociaux a bouleversé l’organisation de la vie familiale et donc sociale .

 

Vous n’avez pas intérêt à appeler votre neveu qui habite à deux pâtés de maison pour vous changer  une ampoule  cramée  ou  vous payer une  facture ! c’est sa jeune sœur qui répondra au téléphone et vous dira gentiment qu’il ne faut pas le déranger avant 15h.

Vous verrez ainsi  le matin ,des mamans ployant sous le poids d’un couffin ou d’un pack  d’eau minérale escaladant difficilement les escaliers de leur  immeuble pendant que le rejeton dort paisiblement rêvant sans doute de ce faux profil de la belle ingénue visité virtuellement la veille .

 

Les filles ,quant à elles ,efficaces et vaillantes aideront au ménage  pour aller ensuite vaquer à d’autres occupations plus intellectuelles .

Avec le confinement , ce comportement s’est aggravé induisant un réveil encore plus tardif.

Ne croyez surtout pas que les parents ont accepté cette situation sans réagir !

Il y a eu d’abord des tentatives de réveil tendres comme ne savent les faire que les mères méditerranéennes  malheureusement sans succès ,puis s’installèrent des insinuations acerbes destinées à  susciter un élan de dignité chez ces adolescents éternels .

 

Enfin , agacés les pères sont intervenus pour menacer de différentes façons  ce dormeur récalcitrant .Fatiguées , lassées , les familles ont compris qu’il n’y avait aucune solution .

Ce dérèglement de l’horloge biologique ,  en plus d’être incompatible avec la vie sociale diurne  engendre une fatigue , des troubles de l’attention et de la concentration au cours de la journée ,une irritabilité ,une somnolence diurne et une grande tristesse ;Les neurobiologistes  savent que le sommeil de jour est moins profond et moins réparateur que le sommeil de nuit .Quand  s’y ajoute une absence des activités physiques  , un état dépressif peut s’installer .

Le cycle vicieux étant enclenché  des addictions à certaines drogues sont possibles .

Une déconnexion aux écrans, la pratique d’un sport en plein air, la suppression des excitants (caféine mais surtout Red bull et autres boissons énergisantes), une régularité dans les horaires du sommeil  pourront améliorer la situation .

Nos garçons se réveilleront un jour !

 

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