Belkacem Zeghmati frappe fort: la justice cherche ses hommes

L’annonce est lourde , intervenant à la veille d’un 25 ème vendredi et une semaine après l’entrée en service du nouveau ministre de la justice, le large mouvement opéré à la tête de pas moins de 35 cours revêt un caractère inédit.

Un mini hirak dans les rangs des magistrats sous la conduite de Belkacem Zoghmati.

Ce jeudi le communiqué de la présidence a fait état de la nomination de 35 présidents de cours et quelques 32 procureurs généraux.

C’est assurément une première, vu l’importance du nombre et le haut rang des magistrats investis dans de nouvelles missions à un moment clé de la vie politique du pays.

Belkacem Zoghmati dont l’arrivée à la tête du ministère de la justice il y a une semaine et dont la nomination à ce niveau est interprétée selon nombre d’observateurs comme une réponse aux revendications de la rue serait il déjà en train de se doter des moyens humains pour s’acquitter de ses nouvelles missions?

Faut il donc y voir une sorte de remise en soi, un sursaut dicté par l’impératif de l’heure qui recommande à l’institution judiciaire d’assainir ses rangs et de tenter un nouveau souffle suggèrant la rupture ou du moins l’effacement d’une lourde tâche noire qui en a longtemps fait une justice aux ordres, soumise à la volonté des puissants?

L’espoir serait il permis avec ce premier mouvement par lequel une remobilisation des troupes en robes noires serait destinée à blanchir le corps des magistrats qui traîne cette sinistre réputation longtemps au service du politique et de l’argent ?

La personnalité du nouveau ministre, son parcours ainsi que sa probité établie plaident en faveur d’une quête authentique  d’un nouveau départ dont il est vrai qu’ il ne peut aucunement être porteur d’une pleine indépendance de la justice .

Seuls les textes et la séparation des pouvoirs pourraient réellement assurer sans l’ombre du moindre equivoque la liberté du magistrat dans l’exercice de son métier.

Pour l’heure, il devenait urgent d’éliminer les doutes ainsi que les agents bloquants au sein de la justice face au front ouvert , et pas des moindres , celui de la lutte contre la corruption dont les acteurs sont souvent de hauts fonctionnaires de l’Etat, de puissants hommes d’affaires et des faiseurs de lois et de rois.

Délicate à plus d’un titre, la première opération consistait inéluctablement à nettoyer en intra muros et couper les fils d’influence liant sans aucun doute certains magistrats aux détenteurs de pouvoir de l’ancien système.

Il devenait donc plus que salutaire d’entreprendre un tel lifting et de faire son propre procès même si le huis clos était de mise.

En attendant l’indépendance totale et parfaite de cette institution plus que jamais exposée aux premiers rangs de la bataille engagée actuellement dont il est enfin escompté un retour de confiance.  Une réhabilitation de l’acte de justice . Loin du pouvoir de l’argent et de l’influence politique.

Le chemin est encore long , mais un début est toujours bon…

Karim A

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