Affaire Kouninef: procès sans grosses révélations

Ils symbolisent le coté obscur du règne de Said Bouteflika. Les frères Kouninef avaient accès à tous les privilèges.

Ils avaient le pouvoir. Ils étaient l’influence et la puissance. Pouvant exiger à ce qu’un tel haut responsable ou un autre soit déplacé ou dégommé.

Leur nom est étroitement lié à une sinistre époque qui a provoqué le tsunami du hirak. L’argent public  a été sali et mis entre les mains de ceux qui ont eu à co-diriger le pays, entre deux verres d’alcool et une blague .

On ne les voyait pas souvent. Discrets à leur maniere et ‘s’intérdisant  toute apparition publique , ils ont néanmoins tellement fait de bruits entre les maillons et la chaine du pouvoir. Le vrai pouvoir.

Leur procès n’a pas tenu ses promesses. Il aura été relativement pauvre en révélations mais surtout riche en sommes détournées.

De Mercredi à samedi 12 Septembre, s’est tenu l’un des procès les plus
lourds et tant attendu, en raison du rôle obscur et stratégique joué
par les frères Kouninef au sein du régime précédent.

les frères
Kouninef sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation dont «
trafic d’influence », « blanchiment d’argent », « obtention d’indus
avantages », « détournement de fonciers et de concessions », et «
non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de
projets publics ».

Le parquet général du Tribunal de Sidi M’hamed à Alger a requis samedi
des peines allant de 10 à 20 ans de prison ferme avec la saisie des biens à l’intérieur et l’extérieur du pays à l’encontre des trois frères Kouninef et le gérant du groupe KouGC dont ils sont propriétaires.

Les frères Réda, Abdelkader-Karim et Tarek-Noah Kouninef, ainsi que le gérant du groupe KouGC, Keddour Ben Tahar,placés depuis avril 2019 sous mandat de dépôt.

Le parquet général a requis 18 ans de prison ferme à l’encontre de Réda, 15 ans à l’encontre de Tarek-Noah et Abdelkader-Karim et 10 ans à l’encontre de Keddour Ben Tahar, avec une amende de 8 millions de DA
pour les quatre accusés. La peine la plus lourde a été requise contre
Souad-Nour avec 20 ans de prison ferme, une amende de 8 millions de DA
et le lancement d’un mandat d’arrêt international contre elle.

Des
peines allant de 3 à 6 ans de prison ferme avec des amendes d’un million de DA ont été requises à l’encontre de dix personnes également impliquées dans l’affaire, essentiellement des cadres des ministères
de l’Industrie, de l’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Energie et
des Télécommunications ainsi que d’autres secteurs où le groupe KouGC
a obtenu des marchés.

Selon la défense de la partie civile, le groupe
KouGC, à travers ses filiales, a causé au Trésor public des pertes estimées à « plus de 260 milliards DA, dont 186 milliards de DA dus
aux crédits injustifiés accordés au groupe par des banques publiques, et 75 milliards de DA aux indus privilèges obtenus par le même groupe».

Nadi. K

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